DISCOURS
DE MONSIEUR LE
PRESIDENT DE LA
REPUBLIQUE
A L’OCCASION
DE LA RESTITUTION
DES CONCLUSIONS
DU GRENELLE DE
L’ENVIRONNEMENT
JEUDI
25 OCTOBRE 2007
Monsieur le Premier
Ministre,
Monsieur le Président
du Sénat,
Monsieur le Président
de l'Assemblée
nationale,
Mesdames et Messieurs
les Ministres,
Monsieur le Président
Al Gore,
Monsieur le Président
Barroso,
Ma
première
pensée
va à tous
ceux qui ont œuvré
à la réussite
de ce Grenelle
de l'Environnement
qui restera comme
un moment important
dans la prise
de conscience
par notre société
qu'elle ne peut
plus vivre dans
le gaspillage,
qu'elle ne peut
plus négliger
les conséquences
sur l'avenir de
la planète
de sa façon
de vivre, de produire
et de consommer.
Je
veux saluer José
Manuel Barroso,
président
de la Commission
européenne,
qui témoigne
ici de l'engagement
de l'Europe pour
le développement
durable. Je sais
que grâce
à lui nous
pouvons compter
sur le soutien
de la Commission
pour mener à
bien la véritable
révolution
que nous voulons
entreprendre.
Car c'est bien
à une révolution
que nous invite
ce Grenelle de
l'Environnement
qui achève
aujourd'hui le
premier temps
de ses travaux.
Une
révolution
dans nos façons
de penser et dans
nos façons
de décider.
Une
révolution
dans nos comportements,
dans nos politiques,
dans nos objectifs
et dans nos critères.
Je
veux dire à
José Manuel
Barroso le soutien
total de la France
et, s'il me le
permet, mon amitié
personnelle.
Je
veux également
saluer la présence
de Monsieur le
vice-président
Al Gore, de Mme
Wangari Maathai,
tous deux Prix
Nobel de la Paix.
Ils sont de ceux
qui incarnent
cette révolution,
qui l'ont voulue
avant tout le
monde, qui ont
annoncé
sa nécessité
avant tous, qui
n'ont pas hésité
notamment vous,
Monsieur le Président
Al Gore, à
braver le scepticisme
dans votre propre
pays, à
bousculer les
préjugés
et à vous
attaquer aux conservatismes.
Vous
faites partie
de ceux qui nous
ont appris à
regarder loin
devant nous et
à ne pas
rester prisonniers
de calculs à
courte vue.
Vous
nous avez appelé
nos responsabilités.
Vous nous avez
forcés
à nous
interroger sur
le monde que nous
allons laisser
à nos enfants.
Et
vous nous avez
fait comprendre
que nous avions
dépassé
les limites de
ce que notre planète
peut supporter.
La
France n'a pas
à rougir
de ce qu'elle
a fait jusqu'à
présent.
Nos
émissions
de gaz à
effet de serre
sont inférieures
de 21 % par habitant
par rapport à
la moyenne européenne,
et même
30 à 40
% par rapport
à nos grands
voisins. Ce n'est
pas une raison.
La France est
le 2ème
producteur européen
d'énergie
renouvelable.
La France a une
richesse naturelle
inestimable.
La
France n'est pas
en retard. Mais
la France veut
maintenant être
en avance. Et
c'est tout le
changement, José
Manuel, que nous
voulons proposer
aujourd'hui en
France. Notre
ambition n'est
pas d'être
aussi médiocre
que les autres
sur les objectifs,
ce n'est pas d'être
dans la moyenne.
Notre ambition
c'est d'être
en avance, d'être
exemplaire. La
France a plaidé
à l'ONU
en faveur d'un
New Deal économique
et écologique
planétaire.
La France ne peut
pas espérer
que son appel
sera entendu si
elle ne s'impose
pas à elle-même
l'exigence la
plus forte. Comment
devenir un exemple,
si on n'est pas
capable de s'appliquer
à soit
les règles
qu'on voudrait
voir retenues
par les autres
?
C'est
dans cet esprit
que j'ai voulu
ce Grenelle.
Le
Grenelle, c'est
la réflexion
et la proposition
partagées.
C'est un succès.
C'est un succès
que nous devons
aux organisations
non gouvernementales
de l'écologie
qui ont su être
à la hauteur
de ce rôle
inédit.
Je
suis persuadé
que si on avait
dit à un
certain nombre
d'entre eux "bientôt
vous travaillerez
avec lui"...
Ce n'était
pas acquis !
C'est
un succès
que nous devons
aux syndicats
qui ont su se
saisir de ce sujet,
dont je n'ignore
nullement qu'il
est nouveau pour
un certain nombre
d'entre eux. C'est
un succès
que nous devons
à l'ensemble
du monde agricole
qui a eu le courage
de revenir sur
des positions
anciennes. C'est
un succès
que nous devons
aux entreprises
qui ont su elles-aussi
être au
rendez-vous. C'est
un succès
que nous devons
aux élus
qui ont compris
les exigences
de la population.
Et
puis, bien sûr,
c'est un succès,
je veux lui rendre
hommage, que nous
devons à
Jean-Louis Borloo,
que je veux saluer
tout particulièrement,
à Nathalie
Kosciusko-Morizet,
à Dominique
Bussereau et à
toutes leurs équipes.
Jean-Louis, tu
as su relever
le défi
que je t'avais
fixé. Je
crois que l'on
peut t'applaudir.
Alors
maintenant que
c'est le succès
de tout le monde,
il revient au
Premier ministre
et à moi
de prendre les
décisions.
Le
Grenelle est un
événement
sans précédent.
Vous êtes
tous restés
jusqu'au bout,
en tout cas jusqu'à
l'instant où
je parle, à
la table des négociations.
Des compromis
ont été
trouvés
sur des sujets
auparavant tabous.
Et, cher François
Fillon, une très
lourde responsabilité
nous attend désormais.
Elle est simple
: ne pas décevoir.
Ce
que j'ai à
vous dire est
simple : en tant
que Chef de l'Etat,
vos propositions,
je les fais miennes,
je les porterai
et je les mettrai
en œuvre.
Je
voudrais que cette
politique soit
d'abord une politique
d'adhésion.
*
*
Il
faut avoir le
courage de décider
autrement, de
changer les méthodes,
de préférer
la décision
issue de la négociation
plutôt que
la décision
issue de l'administration.
Et bien reconnaissons
que le "dialogue
à cinq"
- syndicats, entreprises,
ONG, élus
et administration
- c'est un succès
sans précédent.
Le
Grenelle n'est
pas une fin, c'est
un commencement.
Et nous allons
confier "aux
cinq" le
suivi de ce qui
a été
décidé
en commun. Nous
allons constituer
plusieurs groupes
de travail, "logement",
"transport"
etc.
Mais
je vous propose
que, pour tous
les grands projets,
tous, par exemple
ceux soumis à
enquête
publique, la décision
négociée
"à
cinq" se
substitue à
la décision
administrative.
C'est
un changement
complet dans la
logique de décision
gouvernementale.
C'est une révolution
dans la méthode
dont on mesurera
les implications
dans quelques
années,
et je vous propose
de donner aux
organisations
non gouvernementales
environnementales
leur place dans
nos institutions,
et notamment au
Conseil économique
et social.
Il
faut avoir le
courage de reconnaître
que nous ne pouvons
plus définir
des politiques
en ignorant le
défi climatique,
en ignorant que
nous détruisons
les conditions
de notre survie.
Premier
principe : tous
les grands projets
publics, toutes
les décisions
publiques seront
désormais
arbitrées
en intégrant
leur coût
pour le climat,
leur "coût
en carbone".
Toutes les décisions
publiques seront
arbitrées
en intégrant
leur coût
pour la biodiversité.
Très clairement,
un projet dont
le coût
environnemental
est trop lourd
sera refusé.
Deuxième
principe, nous
allons renverser
la charge de la
preuve. Ce ne
sera plus aux
solutions écologiques
de prouver leur
intérêt.
Ce sera aux projets
non écologiques
de prouver qu'il
n'était
pas possible de
faire autrement.
Les décisions
dites non écologiques
devront être
motivées
et justifiées
comme ultime et
dernier recours.
C'est une révolution
dans la méthode
de gouvernance
de notre pays
totale et nous
allons appliquer
immédiatement
ce principe à
la politique des
transports. Le
Grenelle propose
une rupture et
bien, je propose
de la faire mienne.
La
priorité
ne sera plus au
rattrapage routier
mais au rattrapage
des autres modes
de transports.
Nous
allons également
l'appliquer à
la politique de
gestion des déchets.
La priorité
ne sera plus au
seul traitement
des déchets
mais à
leur prévention.
Nous retiendrons
toutes les propositions
qui permettent
d'interdire ou
de taxer les déchets
inutiles comme
le "suremballage".
La priorité
ne sera plus à
l'incinération
mais au recyclage
des déchets.
Il faudra prouver
pour tout nouveau
projet d'incinérateur
qu'il s'agit bien
de l'ultime recours.
Il n'y aura plus
de d'incinérateur
sans contrôle
permanent et transparent
des pollutions
émises.
Il n'y aura plus
de projet d'incinérateur
sans que la destruction
des déchets
ne serve à
produire de l'énergie.
Ces
principes posés,
je sais que vous
n'avez pas conclu
sur ce point et
que les travaux
du Grenelle doivent
se poursuivre.
Le Gouvernement
attend vos conclusions.
Nous
voulons une politique
de vérité.
Wangari Maathai
et le vice-président
Al Gore ont eu
le courage de
la proclamer :
notre modèle
de croissance
est condamné.
Pire encore, le
maintien de la
paix dans le monde
est condamné
si nous ne faisons
rien.
Les
changements climatiques,
nos concitoyens
ne doivent pas
les réduire
à la fonte
des neiges sur
les pistes de
ski. Les changements
climatiques, ce
sont des centaines
de millions de
réfugiés
climatiques. Les
changements climatiques,
c'est une accélération
des grandes catastrophes,
des sécheresses,
des inondations,
des cyclones,
d'une certaine
façon,
c'est le Darfour
où des
millions de pauvres
gens sont poussés
par la faim et
la soif vers d'autres
régions
où ils
entrent en conflit
avec des populations
qui étaient
installées
de façon
séculaire.
Les changements
climatiques, ce
sont des épidémies
nouvelles. Ce
sont des conflits
exacerbés
pour accéder
à l'eau
et à la
nourriture.
Il
faut donc avoir
le courage de
dire que la hausse
des prix des hydrocarbures
sera permanente.
Il faut avoir
le courage de
dire qu'il n'y
aura plus de pétrole
avant la fin du
siècle.
Il faut avoir
le courage de
reconnaître
que nous ne connaissons
pas tous les effets
à long
terme des 100
000 substances
chimiques commercialisées.
Il faut avoir
le courage de
reconnaître
que nous n'avons
pas toujours été
exemplaires.
Les
Français
ont le droit de
savoir. Ils ont
le droit de connaître
la vérité
sur les menaces
d'aujourd'hui
et de demain.
Ils ont le droit
de se faire leur
propre opinion.
C'est
une demande forte
du Grenelle. Nous
allons donc créer
un droit à
la transparence
totale des informations
environnementales
et de l'expertise.
Toutes les données,
sans exception,
seront désormais
communicables,
y compris sur
le nucléaire
et les OGM. Les
seules limites
seront le secret
de la vie privée,
beaucoup à
faire en la matière,
la sécurité
nationale et les
secrets industriels.
Cette
politique de vérité
est une politique
de responsabilité.
Plus personne
ne doit pouvoir
dire qu'il ne
savait pas. Nous
sommes tous comptables
de nos actes.
Ce qui me permet
de revenir sur
la question du
principe de précaution.
Proposer sa suppression
au motif qu'il
briderait l'action
repose, à
mes yeux, sur
une grande incompréhension.
Le principe de
précaution
n'est pas un principe
d'inaction. C'est
un principe d'action.
C'est un principe
d'action et d'expertise
pour réduire
l'incertitude.
Le principe de
précaution
n'est pas un principe
d'interdiction.
C'est un principe
de vigilance et
de transparence.
Il doit donc être
interprété
comme un principe
de responsabilité.
La responsabilité
fait partie des
valeurs que j'ai
voulu porter dans
la campagne électorale.
Je
veux d'ailleurs
rouvrir le débat
de la responsabilité
et prendre les
miennes. Celui
qui pollue des
rivières
pendant des années,
celui qui conçoit
et vend un produit
chimique, celui
qui crée
une nouvelle cellule
génétique,
celui-ci doit
être comptable
de ses actes même
des années
après si
un drame survient.
Et bien nous allons
faire sauter,
avec l'Europe,
les barrières
juridiques pour
aller chercher
les pollueurs
là où
ils se trouvent.
Il n'est pas admissible
qu'une maison-mère
ne soit pas tenue
pour responsable
des atteintes
portées
à l'environnement
par ses filiales.
Il n'est pas acceptable
que le principe
de la responsabilité
limitée
devienne un prétexte
à une irresponsabilité
illimitée.
Quand on contrôle
une filiale, on
doit se sentir
responsable des
catastrophes écologiques
qu'elle peut causer.
On ne peut pas
être responsable
le matin et irresponsable
l'après-midi.
Ce n'est pas en
tout cas la politique
qui sera celle
de la France.
Je
veux revenir sur
le dossier des
OGM : la vérité
est que nous avons
des doutes sur
l'intérêt
actuel des OGM
pesticides ; la
vérité
est que nous avons
des doutes sur
le contrôle
de la dissémination
des OGM ; la vérité
est que nous avons
des doutes sur
les bénéfices
sanitaires et
environnementaux
des OGM.
Je
ne veux pas me
mettre en contradiction,
José Manuel
avec l'Union européenne.
Mais, je dois
faire des choix.
Et bien, dans
le respect du
principe de précaution,
je souhaite que
la culture commerciale
des OGM pesticides
soit suspendue.
Ceci en attendant
les conclusions
d'une expertise
à conduire
par une nouvelle
instance créée
avant la fin de
l'année
en concertation
étroite
avec vous, Grenelle
de l'environnement,
et avec la Commission
européenne.
Je prends mes
responsabilités
là-aussi.
Nous respecterons
nos engagements.
Et,
la preuve de cette
volonté,
José Manuel,
c'est que je m'engage
à ce que
la France transpose
au Printemps 2008
la directive sur
le sujet. Mais
je ne peux pas
être pris
en flagrant délit
de contradiction,
il y a un principe
de précaution.
Il y a des OGM
pesticides, je
veux suspendre
parce que c'est
au nom du principe
de précaution.
En même
temps, la France
joue son rôle
en Europe. La
France n'ignore
nullement ses
obligations. Nous
transcrirons la
directive et nous
en parlerons ensemble.
Le Grenelle pose
de nouveaux principes
pour encadrer
la recherche et
la culture des
OGM. Je pense
au principe de
transparence.
Je pense au droit
à cultiver
avec ou sans OGM.
Je pense à
l'obligation de
prouver l'intérêt
sanitaire et environnemental
des OGM. Ces principes,
Jean-Louis les
inscrira dans
le projet de loi
de transposition.
Et, au moins,
il y aura une
règle,
la transparence.
Chacun prendra
ses responsabilités.
Alors
cette suspension
de la culture
commerciale des
OGM pesticides
ne signifie pas,
là aussi,
je veux être
clair, que nous
devons condamner
tous les OGM,
et notamment les
OGM d'avenir.
Nous devons accélérer
la recherche.
Je n'accepte pas
qu'on détruise
des parcelles
de recherche.
Ce que nous proposons,
en vérité,
c'est le retour
de la démocratie
: le débat,
la transparence,
la décision
exclusivement
pour des motifs
d'intérêt
général
et non seulement
commercial, la
responsabilité
; la contrepartie,
ce sera le retour
de chacun dans
le champ de la
démocratie
et de l'Etat de
droit : le débat
et la controverse,
pas les abus et
la violence. Et
personne ne me
fera accepter
et penser que
c'est normal de
violer la propriété
privée.
Je veux dire que
je respecte l'avis
de ceux qui n'ont
pas le même
avis que moi,
mais je veux avoir
l'honnêteté
de leur dire que
dans l'engagement
sincère
qui est celui
du gouvernement,
il y a aussi des
principes auxquels
nous tenons.
Dans
le même
esprit, je veux
dire un mot du
nucléaire.
Pour bien montrer
qu'on peut vouloir
une politique
de vérité
et évacuer
les problèmes.
Il est illusoire
en France de vouloir
relever le défi
du climat, notre
premier défi,
sans l'énergie
nucléaire.
Aujourd'hui,
nous n'avons pas
d'autre choix,
sauf à
renoncer à
la croissance.
Cette réalité,
je l'ai toujours
défendue
avant les élections
et après.
Mais
cela ne signifie
nullement que
le nucléaire
doit être
la solution unique
au défi
climatique. Nullement.
Notre première
priorité,
et c'est l'une
des conclusions
du Grenelle, notre
première
priorité
c'est de réduire
notre besoin d'énergie.
L'objectif est
d'améliorer
de 20 % notre
efficacité
énergétique
d'ici à
2020. Et notre
deuxième
priorité
de viser un objectif
de plus de 95
% d'énergie
électrique
sans effet sur
le climat, c'est-à-dire
sans carbone.
C'est à
mes yeux, le seul
objectif pertinent
pour lutter contre
les défis
climatiques.
Nous
avons l'énergie
nucléaire.
Même si
je ne veux pas
créer de
nouveaux sites
nucléaires,
je sais que nous
ne devons pas
renoncer à
cette énergie.
Mais je reprendrai
les principes
que vous proposez,
notamment celui
de la transparence.
De
la même
façon que
nous avons le
programme national
nucléaire,
qui a été
lancé en
1974, pour réduire
notre dépendance
énergétique,
je veux engager
un programme national
des énergies
renouvelables,
avec la même
ambition. Pourquoi
opposer le renouvelable
et le nucléaire,
alors que chacun
sent bien que
nous avons besoin
des deux ? Nous
voulons faire
de la France le
leader des énergies
renouvelables,
au-delà
même, José
Manuel, de l'objectif
européen
de 20 % de notre
consommation d'énergie
en 2020.
Pour
autant, je suis
contre une forme
de précipitation
qui se traduit
finalement par
la dégradation
de l'environnement.
Les éoliennes
oui, mais d'abord
sur les friches
industrielles,
et loin des sites
emblématiques.
Et, franchement,
quand je survole
certains pays
européens
cela ne donne
pas envie. Nous
devons également
revoir la politique
de soutien aux
biocarburants
pour l'avenir
et sans remettre
en cause les engagements
pris. Je souhaite
que la priorité
soit donnée
au développement
des biocarburants
de deuxième
génération
plus pertinents
face au défi
environnemental
et au défi
alimentaire.
Et
nous allons donner
la priorité
aux territoires
où la notion
d'indépendance
énergétique
a du sens. Je
pense à
la Corse qui doit
pouvoir être
indépendante
d'un point de
vue énergétique.
C'est très
important l'indépendance
énergétique.
Et imaginez ce
qu'on peut faire
pour la Corse
comme pour nos
départements
et collectivités
ultramarines.
Et je vous annonce
que dès
2008, nous engagerons
le Programme Réunion
2030. On peut
véritablement,
Madame la Ministre
de l'Intérieur,
donner à
ces territoires,
la possibilité
d'être des
laboratoires de
recherche au service
des énergies
renouvelables.
Dans
le même
esprit d'efficacité,
le gouvernement
engagera avec
Michel Barnier
un grand plan
pour l'autonomie
énergétique
des exploitations
agricoles.
Il
y aura donc bien
une réduction
de la part du
nucléaire
dans notre consommation
d'énergie,
et il y aura une
réduction
de la part des
énergies
"carbonées",
néfastes
pour le climat.
On va continuer
à chercher
sur le nucléaire
et on va lancer
un plan de développement
des énergies
renouvelables.
Pourquoi choisir
alors que nous
avons besoin des
deux ?
Je
voudrais dire
que la politique
de l'environnement,
c'est une politique
d'investissement.
Assimiler
la politique écologique
à un "retour
en arrière",
c'est une imposture.
Les plus grandes
pollutions s'observent
au moins autant
dans les pays
riches que dans
les pays pauvres.
Les plus grands
agresseurs du
climat sont des
pays riches et
des pays pauvres.
Et soyons réalistes.
Il est peine perdue
de tenter de convaincre
les pays en développement
qu'ils doivent
rester durablement
pauvres parce
que la croissance
leur serait interdite.
Et il est peine
perdue de tenter
de convaincre
les Français
qu'ils doivent
vivre dans la
pénurie
pour le bien-être
des générations
futures.
L'enjeu,
c'est d'investir
massivement pour
créer les
conditions de
la croissance
de demain. Nous
allons donc décider
d'un grand programme
national de développement
durable.
Je
reprends les propos
du vice-président
Al Gore. Il veut
un "plan
Marshall"
pour la France
comme pour la
planète.
Cela a réussi
en 1947, cela
doit réussir
aujourd'hui. Sir
Nicholas Stern
a estimé
l'investissement
nécessaire
à 1 % du
PIB. Je rappelle
que le plan Marshall
à l'époque
représentait
2 % du PIB. Qui,
aujourd'hui, peut
contester qu'à
l'époque
le plan Marshall
a rendu possible
les Trente Glorieuses.
La
solution n'est
pas dans l'accumulation
des dépenses
publiques et des
taxations. Nous
allons réussir
par l'investissement.
D'abord l'investissement
dans la recherche,
dans les progrès
technologiques,
dans le progrès
comportemental.
Innovation, inventivité.
Nous allons engager
un milliard d'euros
sur 4 ans pour
les énergies
et les moteurs
du futur, la biodiversité,
la santé
environnementale.
Là où
nous dépensons
un euro pour la
recherche nucléaire,
nous dépenserons
le même
euro pour la recherche
sur les technologies
propres et sur
la prévention
des atteintes
à l'environnement.
Nous voulons être
exemplaires des
deux côtés.
Nous
allons investir
massivement dans
les transports.
Je
le dis, l'Etat
a eu tort de se
désengager
du développement
des transports
urbains. L'enjeu
d'aujourd'hui
est bien la congestion
des centres villes.
Je rétablirai
une participation
de l'Etat pour
la construction
des voies de bus,
des voies pour
vélos ou
des tramways.
Ce sont plus de
1500 kilomètres
qui seront construits
hors de l'Ile-de-France.
Le
TGV est un immense
progrès.
Nous allons construire
2000 kilomètres
de lignes nouvelles.
Et je vous propose
de poser le principe
que les voies
ferroviaires dégagées
soient affectées
au fret. Ce sont
2 millions de
camions qui ne
traverseront plus
la France du Nord
au Sud en 2020.
Nous
allons réhabiliter
le transport fluvial
et maritime. La
France dispose
d'atouts formidables.
Je vous propose
un plan d'investissement
dans les liaisons
fluviales qui
retirera des routes
un million de
camions en plus
d'ici à
2020. Et je m'engage
à redresser
nos ports pour
que les marchandises
entrent enfin
par les ports
et non plus simplement
par les routes.
Nous aurons à
en discuter avec
certaines organisations
syndicales.
Et
puis une politique
massive d'investissement
dans le bâtiment.
C'est
une priorité
et c'est une urgence.
Nous voulons la
réduction
de la consommation
d'énergie
par les bâtiments.
Je
vous propose de
retenir deux règles.
Dès avant
2012, tous les
bâtiments
neufs construits
en France répondront
aux normes dites
de "basse
consommation"
; et dès
2020, tous les
bâtiments
neufs seront à
énergie
positive, c'est-à-dire
qu'ils produiront
davantage d'énergie
qu'ils n'en consomment.
Pourquoi 2020
? Parce que nous
n'avons pas à
ce jour les entreprises
et la main d'œuvre
nécessaires,
qu'il