DEPLACEMENT AU
BRESIL
ENTRETIEN DU MINISTRE
D'ETAT, MINISTRE
DE L'ECOLOGIE,
DU DEVELOPPEMENT
ET DE L'AMENAGEMENT
DURABLES, M. JEAN-LOUIS
BORLOO,
AVEC LE QUOTIDIEN
BRESILIEN "O
GLOBO"
(Rio
de Janeiro, 5
septembre 2007)
Q
- le Pape Benoît
XVI a déclaré
que les leaders
mondiaux doivent
agir rapidement
pour sauver la
planète
avant qu'il ne
soit trop tard.
Pensez-vous que
les grandes puissances
prennent les mesures
nécessaires
pour empêcher
une catastrophe
environnementale
?
R
- Je constate
que tout le monde
est d'accord,
quinze ans après
ECO 92, pour dire
que tous les efforts
n'ont pas eu un
résultat
satisfaisant.
Il y a une série
de propositions
qui visent à
renforcer le programme
existant et créer
une organisation
différente
au sein de l'ONU.
Mais ces deux
mesures ne s'excluraient
pas. Ce n'est
pas l'une ou l'autre.
Je pense que,
aujourd'hui, c'est
l'idée
qui domine. Pendant
la campagne présidentielle
cette année
en France, un
pacte écologique
a été
élaboré
à partir
de propositions
d'ONG, d'hommes
d'affaires, etc.
A la suite de
quoi on s'est
aperçu
qu'il fallait
revoir radicalement
le mode de prise
de décision
de ces mesures
et les moyens
pour atteindre
les objectifs
fixés.
Le président
Nicolas Sarkozy
a jugé
qu'il serait intéressant
de créer
un ministère
qui réunisse
des fonctions
apparemment contradictoires,
qui en vérité
ne le sont pas,
comme l'énergie,
l'industrie, les
transports et
le logement, mais
aussi les forêts,
la mer. Cela permet
au gouvernement
une action unique.
Les consommateurs
seront également
encouragés
à acheter
des produits écologiquement
corrects. Les
entreprises qui
ne s'adaptent
pas à ce
nouveau moment,
en remplaçant
par exemple les
emballages jetables
par des recyclables,
finiront par perdre
leur compétitivité.
Cette logique
peut être
aussi appliquée
tant au niveau
national qu'international.
Nous sommes convaincus
qu'il est nécessaire
d'accélérer
les changements.
Q
- Le Brésil,
la Chine et l'Inde,
sont parmi les
plus grands producteurs
mondiaux de gaz
à effet
de serre. Cela
donne aux Etats-Unis
une excuse pour
ne pas adhérer
à l'Accord
de Kyoto. Comment
peut-on concilier
le développement
économique
et la protection
de l'environnement
?
R
- C'est
un défi.
Au terme des discussions
en cours en France,
nous aurons un
accord qui nous
permettra d'arriver
à un modèle
de développement
durable. Je suis
convaincu que
ça va marcher.
Il y a des technologies
qui permettent
de diminuer l'impact
des industries
sur l'environnement.
Quand nous parlons
de ces pays il
faut analyser
les émissions
de CO2 et l'impact
écologique
par habitant.
Nous autres Français,
nous devons faire
un grand effort
sur notre taux
d'émission
de gaz par habitant.
C'est toujours
la même
histoire : soit
on dit qu'on ne
peut rien faire
à cause
des autres, soit
on essaye d'avancer
par la force.
Je suis convaincu
qu'avec le développement
de nouvelles technologies
pour sauver la
planète
et les grands
chantiers nécessaires
à cet objectif,
nous stimulerons
la reprise de
l'économie.
Il y a une belle
phrase de l'économiste
Lester Brown qui
dit "Le communisme
est mort parce
qu'il n'a pas
permis que les
prix reflètent
la vérité
économique,
et le capitalisme
va s'effondrer
parce qu'il ne
permet pas que
les prix reflètent
la vérité
écologique".
Q
- En France l'énergie
nucléaire
est un sujet délicat.
Le gouvernement
entend-il réduire
la dépendance
du pays en ce
qui concerne ce
type d'énergie
?
R
-
Il n'y a pas de
position officielle,
seulement des
discussions entamées
sur les thèmes
proposés.
La règle
est que tous les
sujets soient
mis sur la table.
Depuis le début
des travaux nous
nous sommes aperçus
que quand on essaye
d'être objectif
et de trouver
des solutions,
il y a des points
de convergence
possibles. Cela
vaut pour l'énergie
nucléaire,
pour les biocarburants
et les transgéniques./.