Décès
d’Aimé Césaire
Le
Premier ministre, François
Fillon, exprime sa très
vive émotion à
l’annonce de la mort d’Aimé
Césaire, représentant
exceptionnel de l’engagement
poétique et politique.
Proche d’André
Breton, le poète Césaire
ne craignait ni la force des
images, ni leurs ruptures. Il
laissait naître de sa
colère des chants puissants
et durs. Il mettait ses mots
au service de la lutte pour
la dignité humaine, en
particulier celle des peuples
colonisés et humiliés.
Avec Léopold Sédar
Senghor, il avait allumé
la flamme fière de la
Négritude et l’avait
fait courir sur la plus grande
partie du XXe siècle.
Dans son Cahier d’un retour
au pays natal, Aimé Césaire
promettait aux siens : "Et
si je ne sais que parler, c’est
pour vous que je parlerai."
Il fut maire de Fort-de-France
pendant plus d’un demi-siècle,
et député de la
Martinique pendant près
de 50 ans. Les Martiniquais
voyaient en lui un porte-parole
d’une autorité
et d’un charisme remarquables.
A ce titre, il avait reçu
le Premier ministre lors de
son déplacement aux Antilles
le 5 janvier 2008. Il lui avait
alors exprimé sa confiance
en plaidant pour son département,
"symbole de la vieille
France, de la vieille politique,
de l’espérance
et de l’avenir."
Aimé
Césaire avait, jusqu’à
son dernier jour, tourné
son regard vers les combats
de demain. Le Premier ministre
présente à ses
enfants ses condoléances
émues. Il associe à
cet hommage les poètes
d’expression française
et leurs lecteurs, dans leur
infinie diversité.