MAISON
DE LA FRANCOPHONIE
REPONSE DU SECRETAIRE D'ETAT
CHARGE DE LA COOPERATION ET
DE LA FRANCOPHONIE, M. JEAN-MARIE
BOCKEL,
A UNE QUESTION D'ACTUALITE AU
SENAT
(Paris,
5 février 2008)
Madame
la Sénatrice, votre question
arrive vraiment à point
nommé compte tenu des
évolutions qu'a connues
ce dossier ces derniers jours.
L'idée
que vous avez développée
de regrouper à Paris,
dans un site unique, les diverses
institutions de la francophonie
est partagée par tout
le monde, aussi ne la reprendrai-je
pas.
Rappelez-vous,
en revanche, la polémique
de l'été dernier
; dès ma prise de fonction,
comme secrétaire d'Etat
chargé de la Coopération
et de la Francophonie, j'ai
été interpellé
sur ce dossier par plusieurs
sénateurs, en particulier
par M. Gouteyron.
L'économie
générale du projet
initial, celui de l'avenue de
Ségur, a été
remise en cause à la
fois par la création
du nouveau ministère
de l'écologie et du développement
durable et par les surcoûts
envisagés pour la décontamination
du bâtiment, notamment
en matière de désamiantage.
Le gouvernement a donc décidé,
en juillet dernier, de retirer
de l'ordre du jour du Parlement
le projet de loi autorisant
l'approbation de la convention
portant sur la Maison de la
Francophonie.
A
la même période,
le 23 juillet 2007, le secrétaire
général de la
Francophonie, le président
Abdou Diouf, était reçu
à l'Elysée. A
cette occasion, le président
de la République lui
a confirmé que l'engagement
de la France relatif au regroupement
à Paris des opérateurs
et institutions de la francophonie
dans une Maison de la Francophonie
serait tenu et a fait savoir
qu'il confiait au Premier ministre
le soin de trouver un autre
lieu avant la fin de l'année
2007.
Le
Premier ministre a ainsi chargé
une mission conjointe de l'inspection
générale des finances
et de l'inspection générale
des affaires étrangères
d'étudier rapidement
d'autres possibilités.
Cette mission a travaillé
vite et bien, ce qui lui a permis
de remettre son rapport dès
novembre dernier. Une réunion
interministérielle a
décidé le 21 décembre
de prendre en compte de manière
prioritaire l'une de ses propositions
et de la soumettre à
l'OIF pour recueillir son avis.
Il
s'agit d'un ensemble immobilier
sis au 19-21 avenue Bosquet,
dans le VIIe arrondissement
de Paris, qui, avec une surface
utile brute de plus de 6 000
mètres carrés,
présente l'avantage de
correspondre aux besoins de
la francophonie, d'être
immédiatement libre et
de ne nécessiter que
de modestes travaux de rénovation
et d'aménagement.
Le
président de la République
a proposé ce projet au
secrétaire général
de la Francophonie par courrier
du 8 janvier. J'ai eu l'honneur
de présenter personnellement
à ce dernier les lieux,
que nous avons visités
ensemble le 31 janvier, c'est-à-dire
la semaine dernière ;
c'est pourquoi je soulignais,
Madame, que votre question arrivait
à point nommé
!
Le
président Abdou Diouf
a écrit le jour même
au président de la République
afin de lui indiquer que cette
offre répondait aux souhaits
et besoins de l'OIF : "J'ai
retenu de cette visite la meilleure
impression en raison de l'emplacement
central et prestigieux tout
comme de la fonctionnalité
des installations, susceptibles
toutefois d'être améliorées
pour répondre parfaitement
aux besoins du projet."
Effectivement, nous avons vu
ensemble les améliorations
qu'il est possible, sans grands
travaux, d'apporter à
cet ensemble immobilier.
Le
secrétaire général
de l'OIF poursuit : "Permettez-moi,
Monsieur le Président
de la République, de
vous exprimer au nom de l'ensemble
des Etats et des gouvernements
notre très grande satisfaction
pour ce choix qui illustre si
bien l'engagement déterminé
pour le projet francophone et
votre volonté de soutenir
une francophonie aussi ambitieuse
qu'efficace.
"Des
initiatives diligentes seront
prises pour profiter pleinement
des délais raccourcis
et favoriser un regroupement
de tous les services francophones
disséminés dans
la ville de Paris afin d'assurer
une meilleure coordination et,
par conséquent, une plus
grande efficience de leurs actions".
Et le président Abdou
Diouf termine sa lettre par
un mot manuscrit extrêmement
chaleureux.
Ainsi,
le projet pourra être
réalisé non seulement
pour un coût très
inférieur à celui
de l'avenue de Ségur,
mais aussi dans des délais
sensiblement plus courts, c'est-à-dire
avant la fin de l'année
2009 et non en 2010, Monsieur
Gouteyron, puisque nous avons
eu un échange à
ce sujet.
L'engagement
de la France pourra donc être
tenu et une nouvelle convention
sera signée à
brève échéance
entre la France et l'OIF. Un
projet de loi tendant à
autoriser sa ratification devrait
être présenté
sans difficulté au Parlement
au printemps.
Madame
la Sénatrice, il sera
possible très rapidement
d'organiser des expositions
dans une salle prévue
à cet effet, après
quelques aménagements
auxquels fait allusion le président
Abdou Diouf dans sa lettre.
Quant
au financement, il sera évidemment
évoqué de manière
transparente avant le débat
parlementaire./.