PROJET
DE LOI DE FINANCES 2008 SUR
L'ACTION EXTERIEURE DE L'ETAT
ALLOCUTION DU MINISTRE DES AFFAIRES
ETRANGERES
ET EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER,
A L'ASSEMBLEE NATIONALE
(Paris,
8 novembre 2007)
Monsieur
le Président,
Monsieur le Président
de la Commission des Affaires
étrangères,
Madame,
Messieurs les Rapporteurs,
Mesdames, Messieurs les Députés,
J'ai
écouté avec un
intérêt passionné
vos interventions et j'y retrouve
beaucoup de mes propres préoccupations.
En définitive, vos observations
se résument à
une interrogation simple et
forte : quelle présence
et quels moyens pour notre diplomatie
? Quels sont nos objectifs ?
Quels doivent être nos
modes d'action ? Je vais bien
entendu m'efforcer de répondre
aussi précisément
que possible à vos différentes
interventions, aux dernières
en particulier, mais je voudrais
d'abord regrouper vos préoccupations
autour de différents
thèmes autour desquels
notre débat de ce matin
s'organise.
J'ai
noté cinq principales
têtes de chapitre : notre
réseau et son avenir
; l'évolution de nos
moyens et de nos effectifs,
notamment dans le contexte du
contrat de modernisation que
nous avons conclu avec le ministère
du budget ; le dossier de nos
contributions aux organisations
internationales et aux opérations
de maintien de la paix ; la
problématique des affaires
consulaires et la question,
toujours sensible, de la politique
des visas ; enfin, l'important
dossier, qui me tient à
cœur, de notre diplomatie
culturelle et de nos orientations
en ce domaine.
Premier
point : notre réseau
et notre présence dans
le monde. Plusieurs d'entre
vous l'ont rappelé, le
réseau diplomatique français
est le deuxième par la
taille, après celui des
Etats-unis. Faut-il le conserver
en l'état ? En avons-nous
les moyens ?
La
géographie de notre présence
correspond-elle bien à
celle de nos intérêts
? Votre rapporteur spécial,
Jean-François Mancel,
que je veux remercier pour la
qualité de son travail
a dressé sur ce dossier
un constat et avancé
des pistes que j'approuve très
largement. Je reviens d'une
longue tournée qui, durant
ces dix derniers jours, m'a
fait voyager en Asie, en Turquie,
à Lisbonne, et aux Etats-unis
dont je rentre à peine.
J'ai
pu mesurer dans chacun de ces
pays tout à la fois la
nécessité absolue
de notre présence, nos
atouts et les progrès
possibles. Je voudrais partager
avec vous quelques réflexions
que m'inspire la question, centrale
pour le Quai d'Orsay, de l'évolution
de notre réseau diplomatique.
Je
suis, en premier lieu, convaincu
qu'il nous faut préserver
une présence universelle.
La
France ne peut pas en effet
vouloir s'adapter à la
mondialisation et en même
temps se rétracter. Il
nous faut au contraire pouvoir
analyser, anticiper et répondre
dans toutes les zones du monde
aux évolutions qui sont
à l'œuvre et qui
auront une incidence directe
sur nos intérêts
politiques, économiques
et culturels. Je crois donc
profondément que nous
devons préserver une
présence mondiale, tout
en la modernisant.
Cela
étant, nous ne pouvons
être présents partout
de la même manière,
et je rejoins sur ce point l'analyse
développée par
M. Mancel et, pour une part,
par Mme Filippetti. C'est la
limite de notre dispositif actuel
: une rigidité certaine
dans les formes de notre déploiement,
des difficultés à
faire évoluer nos dispositifs,
notamment, vous l'avez tous
dit, vers des grands pays émergents
- même si j'ai pu constater,
lors de mon déplacement
en Chine, combien nous avons
su accroître significativement
notre présence en ouvrant
de nombreux consulats dans cet
immense pays. Mais que dire
de l'Inde ? Nous ne sommes à
l'évidence pas assez
représentés dans
ce grand pays. Tel est le défi
que nous devons relever : définir
et mettre en œuvre un réseau
souple, adaptable, modulable.
Nous avons besoin de déplacer
nos agents. Or même lorsque
c'est possible, cela s'avère
extraordinairement difficile.
Il
faut donc réorganiser
ce réseau pays par pays,
en fonction de la nature réelle
de nos intérêts
- qui eux-mêmes évoluent.
Il
faut aussi concevoir notre présence
à l'étranger,
non plus comme la juxtaposition
de structures propres à
chaque administration, mais
comme une véritable "équipe
de France" interministérielle
- ce qui est bien difficile.
J'ai avancé l'idée
que nos ambassades deviennent
non seulement des bureaux-conseils
venant en aide à nos
entreprises, à nos ONG,
à nos collectivités
locales et à nos universités,
mais aussi des maisons des Droits
de l'Homme.
Monsieur
Poniatowski, vous avez évoqué
les ambassades communes. Bien
entendu, vos préoccupations
doivent être prises en
compte. Gardons-nous de toute
systématisation et privilégions
une approche pragmatique, qui
s'adapte à la situation
des pays, à leurs évolutions
et à nos besoins. Prenons
le cas du Timor oriental, que
j'ai déjà évoqué.
Vous vous êtes félicité
des succès des missions
de l'ONU : en voilà un
qu'il convient de saluer tout
particulièrement, après
tant d'années d'efforts
et tant de difficultés
surmontées. Faut-il ouvrir
une ambassade de France au Timor
oriental ? M. Ramos Horta, prix
Nobel de la paix et président
nouvellement élu de ce
pays, nous le demande. Mais
devons-nous accepter ? Ne vaudrait-il
pas mieux ouvrir avec nos partenaires
une maison européenne,
dont nous serions les promoteurs,
plutôt que la première
ambassade - si l'on excepte
celle du Portugal, qui tient
aux liens particuliers liant
ce pays au Timor ? Et pourtant,
on nous le demande instamment
- et il convient de saluer l'existence
de ce nouvel Etat !
Voilà
un exemple qui donne matière
à réflexion.
Nos
partenaires allemands - que
nous ne pouvons ignorer - ne
sont pas les seuls à
nous proposer de telles réalisations
communes : les Espagnols et
les Italiens aussi. Peut-être
pourrions-nous coordonner nos
efforts.
Se
pose aussi, comme vous l'avez
rappelé, Monsieur Mancel,
la question de la présence
française en Europe,
à la fois dans les capitales
d'Etat et dans les grandes régions.
Essayons de nous entendre au
moins là-dessus.
Je
suis convaincu que, contrairement
aux idées reçues,
nous avons encore besoin de
grandes ambassades en Europe.
Encore
faudrait-il qu'elles soient
organisées différemment.
Demandez aux ambassadeurs concernés
: tous disent qu'il faudrait
procéder à des
ajustements de personnel, et
transférer une partie
des agents vers d'autres contrées.
Ce n'est pas chose facile :
il ne faut pas pénaliser
ces agents, tenir compte de
leurs liens familiaux et de
leurs obligations personnelles.
Néanmoins, dès
lors que nos ambassades travaillent
dans un cadre interministériel,
je pense qu'il faut redéployer
nos effectifs afin de relayer
nos intérêts et
renforcer nos positions en fonction
de nos pôles de compétence.
S'agissant
de l'évolution de nos
représentations consulaires
en Europe, le moment est venu,
Madame Colot, de tirer les leçons
de la construction européenne
en la matière, notamment
en ce qui concerne les prestations
de service public offertes à
nos compatriotes installés
dans l'Union européenne
- dont on dit qu'ils sont les
plus assistés d'Europe.
En revanche, il convient de
renforcer la présence
de la France dans les grandes
régions, là où
se dessine la future Europe
des régions, là
où émergent de
nouveaux territoires.
Ces
réflexions, qui engagent
l'avenir de notre outil diplomatique,
sont au cœur de la rédaction
du Livre blanc de la politique
étrangère et européenne,
qui m'a été confiée
par le président de la
République et le Premier
ministre. Pour conduire ce chantier,
j'ai constitué une commission
spécifique, dont la présidence
a été confiée
à MM. Alain Juppé
et Louis Schweizer et qui rendra
d'ici à l'été
ses conclusions et ses recommandations.
Son ambition est de reformuler
nos objectifs et nos priorités
- rien de moins ! Aussi ai-je
souhaité que votre assemblée
y soit représentée
; et je me félicite que
le président de votre
Commission des Affaires étrangères,
M. Axel Poniatowski, et votre
collègue François
Loncle participent activement
à ses travaux.
J'en
viens au deuxième thème
: la question des moyens. Je
ne peux qu'approuver vos observations
face à l'ampleur croissante
des missions qui, tandis que
les crises se multiplient dans
le monde, sont confiées
à notre diplomatie, nos
moyens restent trop modestes.
Je suis le premier à
le déplorer, croyez-le
!
J'accueille
avec satisfaction vos critiques.
Cependant, il ne suffit pas
de critiquer : il faut ensuite
passer aux actes - ce qui est
autrement difficile.
C'est
une autre des questions fondamentales
auxquelles devra répondre
la commission du Livre blanc
- et M. Juppé l'a parfaitement
formulée : avons-nous
encore les moyens de notre ambition
? Ou plutôt devrais-je
dire : de nos ambitions - sinon,
j'approuverais les critiques
de M. Giacobbi. Car la France
n'a pas qu'une seule ambition,
mais plusieurs !
Comme
vous l'avez noté, notre
pays consacre environ 1,5 %
du budget de l'Etat à
sa diplomatie.
Le
budget que je vous propose pour
2008 sera, à structure
constante, en croissance d'environ
1,5 % par rapport à 2007.
Votre assemblée ayant
déjà examiné
et approuvé les crédits
de la mission "Aide publique
au développement",
présentés par
le secrétaire d'Etat
à la Coopération
et à la Francophonie,
Jean-Marie Bockel, je ne reviendrai
pas, faute de temps, sur ce
dossier - ce que je regrette,
car je l'aurais fait volontiers.
L'autre mission dont le Quai
d'Orsay est le chef de file
- "Action extérieure
de l'Etat", dont je vous
demanderai tout à l'heure
d'approuver les crédits
- voit ses moyens croître
de plus de 3,5 %, ce qui représente
une augmentation significative
dans le contexte général
des finances publiques.
Plusieurs
orateurs l'ont regretté,
le budget prévoit de
nouvelles diminutions d'effectifs.
Vous avez dit, Madame Colot,
que 234 postes équivalent
temps plein seront supprimés
en 2008, soit une baisse de
1,5 % des effectifs du ministère
des Affaires étrangères
et européennes. A juste
titre, vous avez relevé
que les emplois de ce ministère
avaient déjà connu
une baisse continue ces dernières
années, de l'ordre de
12 % en dix ans.
M.
Mancel a quant à lui
très justement souligné
l'encombrement du sommet de
la pyramide des emplois au ministère.
Ce problème trouvera
un début de solution
avec la publication - dans quelques
jours, je crois - d'un décret
nous permettant de modifier
déjà quelques
dizaines de postes ; nous poursuivrons
ensuite dans cette voie - nous
n'avons d'ailleurs pas attendu
la publication officielle de
ce décret pour proposer
d'autres affectations à
ces agents. Si, à réseau
constant, cette solution risque,
j'en suis bien conscient, de
montrer rapidement ses limites,
une autre approche est cependant
possible, en redéfinissant,
comme je viens de le proposer,
la présence de notre
pays dans le monde. Car ne nous
leurrons pas : comme l'ensemble
des administrations de l'Etat,
le ministère des Affaires
étrangères et
européennes sera soumis,
dans les prochaines années,
à la règle du
non-remplacement d'un départ
à la retraite sur deux.
Il
faut donc anticiper cette évolution,
organiser les redéploiements
et concevoir une nouvelle carte,
souple et modulaire, de notre
réseau d'implantations.
Plusieurs
intervenants m'ont interrogé
sur le contrat de modernisation
signé en 2006 entre le
Quai d'Orsay et Bercy et sur
le bilan qui pouvait en être
dressé. Ce contrat, qui
garantit sur trois ans les moyens
de fonctionnement du ministère
et planifie l'évolution
des effectifs, arrivera à
terme fin 2008. Il a permis
d'assouplir la gestion des services
du ministère, tout en
produisant d'importants gains
de productivité grâce
à la restructuration
mise en œuvre - et qui
est loin d'être terminée.
C'était indispensable
: que l'on songe à l'amélioration
des primes pour le personnel
de l'administration centrale
! La lettre de mission que j'ai
reçue du président
de la République et du
Premier ministre me fixe comme
objectif de préparer
un nouveau contrat de modernisation
pour les années 2009
et suivantes. Je souhaite qu'il
soit plus ambitieux encore et
qu'il intègre notamment
l'évolution de notre
réseau. Je me tiens évidemment
à la disposition de l'Assemblée
pour lui présenter, le
moment venu, le bilan complet
de ce contrat.
S'agissant
de la gestion du parc immobilier
de l'Etat à l'étranger
– qui est d'une taille
considérable -, vous
avez raison, Monsieur Mancel
et Madame Colot : les progrès
à accomplir sont importants,
surtout au regard de ce qui
s'est passé en France.
Arrivé trop tard, je
n'ai pu, hélas que m'en
étonner. Mais nous travaillons
à l'élaboration
d'un dispositif différent
pour l'étranger. S'il
faut, certes, s'adapter au marché,
le dit marché varie d'un
pays à l'autre : on ne
peut pas demander aux ambassadeurs
d'être experts en immobilier,
ce n'est pas leur métier.
Il convient donc de trouver
une solution souple et efficace,
à l'instar de ce qu'ont
déjà expérimenté
d'autres ministères,
afin de réaliser de meilleures
opérations. Soyons extrêmement
attentifs aux exemples qui nous
sont donnés.
J'ai
déjà informé
votre Commission des Affaires
étrangères de
ma volonté de réformer
entièrement ce secteur.
J'envisage ainsi de confier
la gestion du patrimoine du
ministère des Affaires
étrangères à
l'étranger à un
opérateur extérieur,
sous le contrôle de l'Etat.
Le
recours à cet opérateur
permettrait d'améliorer
les travaux de construction,
de maintenance et d'entretien
de notre parc, tout en les laissant
sous le contrôle de l'Etat.
C'est
la solution adoptée par
les Anglais et je pense qu'elle
est parfaitement adaptée
à la spécificité
de nos implantations immobilières
à l'étranger.
A
Mme Colot, qui m'a plus précisément
interrogé sur le financement
de nos opérations dans
le cadre du contrat de modernisation,
j'annonce que le ministère
des Affaires étrangères
a décidé de renoncer
jusqu'en 2008 à l'essentiel
de ses crédits d'investissement,
et de financer ses projets grâce
au produit de la vente des immeubles
qui ne lui sont plus utiles.
Plus d'une centaine de millions
d'euros seront ainsi dégagés
entre 2006 et 2008, grâce
à d'importantes cessions
immobilières à
Monaco, New York, Athènes
ou Tokyo. Cela étant,
vous avez raison de souligner
que le compte d'affectation
spéciale connaît
quelques difficultés
de fonctionnement ; nos services
s'efforcent de les régler
avec ceux de Bercy, ce qui n'est
pas toujours simple.
L'externalisation
de notre immobilier doit être
mise en œuvre dès
que possible, en souplesse et
en toute transparence. Si elle
devait s'avérer inefficace
et se traduire par des pertes
financières, il n'y aurait
pas de quoi pavoiser.
M.
Mancel a évoqué
le dossier - que je suis avec
grande attention - du regroupement
des services centraux, qui nous
permettra de réduire
nos implantations sur Paris
de neuf à deux. Avouez
que c'est un progrès
!
Ce
chantier est très important
pour le ministère et
ses agents, dont nous améliorons
considérablement l'outil
de travail. Le personnel s'en
réjouit, je crois - je
le rencontre fréquemment.
En outre, les gains de productivité
seront importants. Il n'y aura
plus qu'un seul site, pourvu
de toutes les facilités
pour le personnel, garde d'enfants
incluse ! Je vous engage d'ailleurs
à visiter le chantier
de la Convention.
S'agissant
des conditions de ce rachat,
je suis là encore d'accord
avec vous. Cependant la différence
est grande - et c'est là
l'essentiel, n'est-ce pas ?
Bien
que le chantier ne soit pas
encore terminé - il reste
encore à réaliser
l'aménagement intérieur,
soumis à un appel d'offre
- c'est un bien bel outil de
travail qui a été
installé dans les locaux
de l'ancienne Imprimerie nationale.
S'agissant
maintenant de la maison de la
Francophonie, je souhaite vous
rassurer, Monsieur Rochebloine
: la France tiendra ses engagements.
Un site avait été
pressenti, avenue de Ségur
- je m'en souviens fort bien,
puisque j'étais chargé,
à l'époque, d'un
ministère proche. On
a contesté la pertinence
de ce choix, ce que je comprends.
Une
mission conjointe de l'Inspection
des Finances et de l'Inspection
des Affaires étrangères
a été mandatée
pour étudier toutes les
formules de localisation possible,
sans tabou - l'important est
que le projet aille à
son terme. Le gouvernement arrêtera,
je l'espère, sa décision
d'ici à la fin de l'année
ou au tout début de l'année
prochaine.
Troisième
point : la contribution aux
organisations internationales.
M. Poniatowski et M. Mancel
ont à juste titre relevé
l'écart important qui
existe entre les crédits
affectés à notre
participation au financement
des organisations internationales
et des opérations de
maintien de la paix d'une part,
et les besoins réels
de financement de l'autre. Une
telle situation n'est pas tenable
et votre assemblée a
eu raison de s'en inquiéter.
Le rattrapage a été
lancé, et sera poursuivi
en 2008. Ce n'est certes pas
suffisant, mais votre assemblée
aura à approuver une
mesure nouvelle de 40 millions
d'euros supplémentaires.
Il faudra, si possible, achever
le processus en 2009.
Comme
l'a relevé Mme Colot,
l'année 2008 restera
marquée par une incertitude
budgétaire liée
à l'opération
au Darfour, dont le financement
n'a pas encore été
soumis à l'Assemblée
générale des Nations
unies. Mais nous savons très
bien que cela va coûter
très cher : c'est la
plus grande opération
de maintien de la paix, ou plutôt
"d'imposition" de
la paix - je ne trouve pas de
meilleur terme, et M. Myard
me reprocherait un anglicisme
- jamais entreprise par les
Nations unies.
Certes,
l'affaire a été
lente à se mettre en
place, puisque cela fait plus
de trois ans qu'on y pense,
mais je suis indigné
lorsque j'entends que la diplomatie
française est immobile.
Nous cherchions depuis longtemps
à faire voter une résolution
par l'assemblée générale,
mais surtout par le Conseil
de sécurité des
Nations unies. Il y a deux mois,
alors que nous sommes en place
depuis seulement six mois, la
décision a enfin été
prise de déployer une
force hybride de 26 000 hommes.
Or c'est à la France
que l'on doit ce grand succès,
car tout s'est dénoué
à la conférence
de Paris, si décriée,
où les Chinois, que l'on
jugeait alliés au président
du Soudan, non seulement ont
accepté le principe d'une
force internationale, mais se
sont engagés à
y contribuer. Ce fut un changement
décisif. Après
le vote à l'unanimité
de cette résolution -
adoptée dans le cadre
du chapitre VII, la chaîne
de commandement devrait se mettre
en place dans les jours qui
viennent, grâce à
un effort conjoint de l'ONU
et de l'Union africaine, avec
le soutien de M. Konaré.
Nous
ne savons pas encore combien
cela coûtera, mais le
budget de l'intervention devrait
être voté avant
la fin de l'année. L'opération
étant gérée
en trésorerie par les
Nations unies, le déploiement
de la force hybride ne sera
pas affecté par ce calendrier.
Parallèlement,
une force conjointe, européenne
et internationale, sera déployée
à l'est du Tchad et en
République centrafricaine,
en tant que second pivot de
l'action internationale en vue
de stabiliser la région.
On a beaucoup parlé du
Tchad ces temps-ci. Je tiens
à souligner que ces fameux
"enfants du Tchad",
en tant que personnes déplacées
à l'intérieur
de leur propre pays, ne bénéficieront
que d'une seule aide internationale,
celle que nous venons de mettre
en place pour eux, avec l'accord
des pays européens. Le
financement en est assuré.
L'opération
organisée dans le cadre
de la Politique européenne
de Sécurité et
de Défense commune est
un élément de
confort très important.
Même les pays les plus
réticents au début
ont fini par participer à
cette manifestation de la défense
européenne. L'opération
de police est menée par
les Nations unies dans les camps
de réfugiés.
Il
y aura, d'un côté,
une opération de police
conduite par les Nations unies
avec le soutien de gendarmes
africains et, de l'autre, une
opération militaire et
de développement, destinée
à protéger les
zones toujours sous la menace
des milices venues du Darfour,
afin de permettre aux Tchadiens
de reconstruire leurs villages.
C'est une opération européenne,
sans Américains.
C'est
très compliqué,
je le reconnais. Je tiens à
saluer publiquement la position
du président tchadien
Idriss Deby, qui a confirmé
au président de la République
son attachement à la
mise en œuvre de cette
opération. Vous avez
raison, Madame Colot : plus
tôt nous en connaîtrons
le coût, mieux cela vaudra.
Une première estimation
fait état de 110 millions
d'euros pour la quote-part française
à l'opération
du Darfour. J'informerai votre
assemblée dès
que j'aurai connaissance d'un
chiffre précis. Avec
M. Woerth, nous sommes tombés
d'accord sur le principe d'une
couverture complémentaire.
Je
remercie Axel Poniatowski d'avoir
souligné que les opérations
des Nations unies ne sont pas
toujours des échecs.
Au contraire, les échecs
sont bien plus rares que les
succès. Sans ces opérations
auxquelles la France participe
pleinement, non seulement au
point de vue financier, mais
par l'apport de ses soldats,
je ne sais pas ce que nous ferions.
J'en
viens à mon quatrième
point : les questions relatives
aux Français de l'étranger
et aux étrangers en France.
J'ai écouté avec
beaucoup d'intérêt
l'intervention de Mme Colot,
que je tiens à remercier
pour la qualité de son
rapport. Comme vous l'avez souligné,
Madame la Députée,
le budget pour 2008 traduit
un réel effort au profit
de notre dispositif d'enseignement
à l'étranger.
Nous étions hier à
Washington, en présence
des Français établis
là-bas. Il va sans dire
que la décision de rendre
gratuite la scolarité
en classe terminale est unanimement
saluée. Il faut bien
sûr aller plus loin, et
étendre la gratuité
à la première
en 2008, ainsi qu'à la
seconde en 2009.
Evidemment,
cela coûte cher : 20 millions
d'euros de crédits supplémentaires
seront donc mobilisés.
Je
serai attentif à l'effet
d'aubaine qui peut en résulter,
ainsi qu'au risque d'éviction
des élèves étrangers.
Le problème se pose,
en effet, et nous l'avons écarté
un peu rapidement - je le dis
avec précaution, ne voulant
viser personne. C'est pourquoi
il nous faut revoir les modalités
du dispositif. Comme l'a très
justement remarqué Mme
Filippetti, certaines personnes
n'ont pas besoin que l'Etat
les aide à financer la
scolarité de leurs enfants,
ne serait-ce que parce que les
entreprises le font. En outre,
il convient de respecter un
équilibre entre les inscriptions
de Français et les inscriptions
d'étrangers. Reste que
c'était une promesse
du président de la République,
et nous commençons à
la tenir.
Nous
engageons par ailleurs en 2008
un réel effort de rénovation
immobilière de nos lycées.
Des crédits à
hauteur de 8,5 millions y sont
consacrés, inscrits dans
le programme 185 "Rayonnement
culturel". C'est la première
tranche d'un travail indispensable
et trop longtemps différé,
certains établissements
vétustes posant des problèmes
de sécurité.
Au
cours de mes nombreux déplacements
- trop nombreux, peut-être
- j'ai pu mesurer l'importance
que nos compatriotes accordent
à ce dossier de la scolarité
à l'étranger.
C'est peut-être la condition
essentielle d'une expatriation
réussie. Nous avons la
chance de disposer d'un réseau
incomparable par sa densité
et sa qualité. Nos lycées
ont également vocation
à former des élèves
étrangers, contribuant
ainsi de manière décisive
à la diffusion de la
francophonie. Je me félicite,
à ce titre, de l'annonce
par le président de votre
commission des Affaires étrangères
de la constitution d'une mission
d'information sur cette grande
priorité.
Comme
plusieurs d'entre vous l'ont
relevé, les besoins à
satisfaire sont importants.
Tel qu'il existe, notre réseau
n'est plus en mesure de répondre
à l'afflux des demandes
de scolarisation d'enfants français
ou étrangers. En outre,
nous ne sommes pas assez présents
dans les grands pays émergents.
J'ai ainsi pu constater, lors
de mon séjour à
Pékin, l'importance cruciale
que revêtait la présence
d'un lycée français
dans la ville, mais aussi la
saturation de l'établissement.
Un second lycée est indispensable,
et j'ai donc sollicité
du Premier ministre chinois
la cession d'un nouveau terrain,
situé entre l'ambassade
de France et l'aéroport
- comme vous le savez, la ville
est en extension permanente.
Reste à trouver les financements
nécessaires.
Toutes
ces raisons m'ont conduit à
convoquer des états généraux
de l'enseignement français
à l'étranger,
afin que l'ensemble des acteurs,
parents d'élèves,
enseignants, entreprises, associations,
partenaires étrangers,
puissent réfléchir
à l'avenir de ce système
et aux moyens de le développer,
sans forcément faire
appel au budget de l'Etat, compte
tenu de nos contraintes. Je
souhaite pouvoir lancer officiellement
ces états généraux
au cours des prochaines semaines.
J'en
viens à notre politique
des visas. Le budget pour 2008
tire les conséquences
de la création du ministère
de l'Immigration, et transfère
à ce ministère
des moyens jusque-là
inscrits au budget des Affaires
étrangères au
titre de l'asile et du service
des visas, à Paris et
à Nantes. Je considère
qu'en la matière, le
ministère des Affaires
étrangères et
européennes doit conserver
une responsabilité importante,
et même décisive.
Nous
allons le faire grâce
à la cogestion. Nous
l'avons déjà expérimentée.
Mais certaines décisions
politiques nous appartiennent.
Ne croyez pas que je me désintéresse
de ces questions ; nous nous
sommes bien débrouillés
pour qu'elles ne nous échappent
pas. En effet, elles ne concernent
pas seulement les problèmes
migratoires, mais touchent à
nos relations politiques, voire
à la sécurité
nationale. Avec M. Hortefeux,
nous sommes parvenus à
un bon équilibre, fondé
sur le principe d'une responsabilité
conjointe sur la politique des
visas.
Cela
étant, il est de ma responsabilité
de veiller à ce que nos
consulats disposent des moyens
nécessaires à
leur action. Les pressions sont
très fortes, et les conditions
d'accueil parfois médiocres,
même si nous les avons
beaucoup améliorées.
Les équipes restent surchargées.
En
2008, nous allons poursuivre
la mise en place de la biométrie
dans une quarantaine de consulats
supplémentaires, après
les 62 consulats d'ores et déjà
équipés. Pour
répondre plus précisément
à votre question, Madame
Colot, nous devons accompagner
cette introduction de la biométrie
de procédures d'externalisation,
ce qui implique en effet une
validation par la Commission
nationale informatique et libertés,
avec laquelle nos services sont
en contact. En 2008, les premières
expériences de prises
de données biométriques
externalisées seront
menées. Un décret
sera préparé à
cette fin.
J'encourage
les membres de votre assemblée,
lorsqu'ils se rendent en mission
à l'étranger,
à visiter nos consulats,
afin de se rendre compte de
la réalité des
conditions de travail, de la
limite de nos moyens, mais aussi
de l'ampleur des modernisations
effectuées. A Moscou,
tout a changé : alors
qu'il fallait quinze jours pour
obtenir un rendez-vous, un seul
suffit désormais, plus
trois jours pour l'obtention
du visa. Ce n'est pas si mal.
Je remercie M. Mancel de s'être
déplacé à
Istanbul et d'y avoir mesuré
les progrès que nos services
ont réalisés dans
ce domaine.
Cinquième
et dernier thème : notre
diplomatie culturelle.
Vos
rapporteurs, Mme Filippetti
et M. Rochebloine, ont très
justement souligné l'originalité
de nos actions dans ce domaine,
mais aussi la nécessité
de clarifier nos priorités
et notre organisation. En réponse
à leurs observations,
je tiens tout d'abord à
souligner l'importance que j'attache
à la politique culturelle
qui constitue l'originalité
de notre diplomatie autant que
son indispensable accompagnement.
Je suis convaincu que nous avons
un intérêt fondamental,
je dirai même stratégique,
à maintenir une présence
culturelle forte, à promouvoir
dans la mondialisation notre
conception de la diversité
culturelle, à valoriser
nos idées, nos concepts
et nos savoirs - bref, à
accompagner nos intérêts
politiques par ce que j'appelle
une diplomatie publique d'influence.
Les
enjeux sont clairs : faire de
notre pays et de son système
d'enseignement supérieur
un lieu d'attractivité
pour les étudiants étrangers
; mettre en place de véritables
partenariats dans le domaine
culturel et scientifique avec
une forte priorité sur
les pays émergents ;
promouvoir, grâce à
un outil d'audiovisuel extérieur,
une conception française
et francophone de la culture
et de l'information.
Vos
deux rapporteurs ont souligné
avec raison les avantages, mais
aussi les limites, de notre
organisation actuelle. Les moyens
que nous consacrons à
cette ambition française
inscrits sur le programme 185
"Rayonnement culturel et
scientifique", de l'ordre
d'une centaine de millions d'euros
- soit l'équivalent de
la subvention de l'Opéra
de Paris - sont limités.
Je remercie Mme Filippetti et
M. Rochebloine, de l'avoir souligné,
estimant même - et je
ne puis dire le contraire -
que nos moyens en ce domaine
ne sont pas à la hauteur
de nos ambitions.
La
réorganisation de notre
réseau culturel, sa capacité
à générer
davantage d'autofinancement,
son évolution vers des
partenariats de tous ordres
avec des institutions étrangères,
par exemple, constituent les
orientations de la politique
que je compte mettre en œuvre
dans ce domaine.
Le
suivi des étudiants étrangers
en France, Madame Filippetti,
est en effet un grand chantier.
Mais nous ne le découvrons
pas. Plusieurs associations
d'anciens étudiants par
pays se sont déjà
constituées, notamment
en Inde, et ont mené
des expériences très
positives. Nous avons intérêt
à maintenir une part
des bourses allouées
par le gouvernement français
au niveau local. Les ambassadeurs,
qui appréhendent mieux
la situation et connaissent
les familles où l'influence
française est grande,
ont une influence politique
incomparable, à condition
que les jurys universitaires
et scientifiques locaux soient
mis en place, ce qui est souvent
le cas. Par ailleurs, comme
vous le proposez, nous augmentons,
en accord avec nos universités,
le nombre de bourses.
Une
nouvelle agence, CampusFrance,
a été créée
par le ministère des
Affaires étrangères
et de l'Enseignement supérieur
et par les conférences
d'établissements d'enseignement
supérieur. Nous travaillons,
bien sûr, avec le nouveau
ministère chargé
de l'immigration, dès
lors qu'il est désormais
chargé d'attribuer les
visas. Je rappelle, à
ce titre, Monsieur Moscovici
et Monsieur Loncle, que la politique
des visas reste aussi suivie
et décidée par
notre ministère. Je suis
particulièrement attaché
au développement de notre
politique d'attractivité
pour les étudiants étrangers
d'Asie et d'Amérique
latine, sans pour autant abandonner
notre action en Afrique.
Sur
un plan plus général,
Madame Filippetti, vous avez
raison d'affirmer que, malgré
la création de CampusFrance
qu'il nous faut développer,
il est opportun de procéder
à une évaluation
et à une amélioration
du dispositif existant, y compris
sous l'angle de la collecte
et de l'analyse des informations.
J'ai d'ores et déjà
décidé, avec mes
collègues du gouvernement
concernés, de confier
une mission à plusieurs
experts de haut niveau.
Enfin,
Mme Filippetti a évoqué
la carte de nos établissements
culturels à l'étranger.
Ce réseau ne doit pas
être figé. Nous
devons parfois ouvrir des alliances
françaises en mesure
de s'autofinancer - effort qu'il
convient de saluer, car il soulage
l'Etat, sans évidemment
diminuer ses responsabilités
- et étendre le réseau
dans certaines régions
dynamiques des pays émergents.
Je suis très favorable
aux centres culturels européens.
Il ne s'agit pas simplement
de partager des locaux, mais
de porter des projets culturels
communs. Ce n'est tout de même
pas impossible ! Cela ne nuit
ni à l'influence de la
France ni à notre culture
! Je citerai, à titre
d'exemple le centre franco-allemand
de Ramallah.
M.
Rochebloine a évoqué
CulturesFrance. Sa création
était nécessaire,
même s'il faut aujourd'hui
amener cet opérateur
à concentrer ses activités
sur un nombre de priorités
bien définies. C'est
l'objet d'un contrat d'objectifs
et de moyens passés avec
nos services cette année.
Je rejoins votre analyse selon
laquelle son statut de simple
association de loi 1901 limite
probablement ses capacités
d'action.
Faut-il
dès maintenant passer
au régime de l'établissement
public ? Au moment où
nous réfléchissons
intensément à
la réorganisation de
nos dispositifs dans le contexte
de la revue générale
des politiques publiques, il
est prudent d'attendre les décisions
qui seront prises d'ici au mois
de mars prochain.
Je
dirai un mot de la réforme
de notre politique audiovisuelle
extérieure, même
si les crédits correspondants
ne figurent pas sur la mission
"Action extérieure
de l'Etat", mais sur la
mission "Médias",
qui n'est pas l'objet de notre
débat budgétaire
d'aujourd'hui. Cela étant,
cette question de l'audiovisuel
extérieur ne peut être
détachée de notre
diplomatie et de ses moyens
d'action.
Il
n'est pas question de tuer TV5.
Nous travaillons avec acharnement
avec tous les pays partie prenante
à TV5. Deux réunions
internationales se sont déjà
tenues. Il y en aura une troisième.
Il n'est pas question d'abandonner
cet outil, tout au plus de l'améliorer.
Je pense à ceux qui se
rendent à l'étranger
et suivent TV5. Nous conserverons
une chaîne culturelle
dans notre réseau d'information…
La
nécessité de disposer
d'outils puissants me semble
chaque jour plus évidente
dans la bataille des idées
qui se gagne aujourd'hui également
par les images. Votre assemblée
déplore, à juste
titre, année après
année, l'éparpillement
de nos moyens, le manque de
lisibilité de nos opérateurs
et l'absence de direction stratégique.
Le président de la République
et le Premier ministre m'ont
donné mandat, ainsi qu'à
Mme Christine Albanel, de présenter
les éléments d'une
réorganisation en profondeur.
Ce très intense travail
de fond est actuellement entrepris
pour identifier les schémas
possibles. Les orientations
sont aujourd'hui tracées
: nécessité de
mettre en place une instance
de pilotage stratégique
; complémentarité
à trouver entre RFI et
France 24 pour doter nos opérateurs
chargés de l'information
d'une masse critique suffisante
; ouverture de l'audiovisuel
extérieur avec de nouveaux
médias par Internet ;
préservation du caractère
francophone d'une chaîne
de culture et de divertissement,
comme peut l'être TV5.
Tels
sont les principaux axes d'une
réforme que je vous soumettrai
d'ici à la fin de l'année,
après l'avoir présentée
au président de la République.
Je serai, bien évidemment,
disposé à l'expliquer
et la commenter devant vos commissions
spécialisées.
Je propose d'ailleurs à
tous les parlementaires présents
de nous retrouver au ministère
des Affaires étrangères
et européennes une fois
par mois. Nous pourrions organiser
ces rencontres à l'occasion
d'un déjeuner, soit à
une heure qui vous conviendra,
en fin de journée, par
exemple. Je m'en entretiendrai
avec le président de
la commission. Nous fixerons
alors une date précise
pour commencer à discuter
de l'évolution de ce
dossier.
Permettez-moi
maintenant, Monsieur le Président,
de répondre aux questions
très précises
soulevées par chacun
des intervenants.
Monsieur
Rudy Salles, vous avez raison
de souligner le caractère
interministériel de l'action
de notre ministère. L'enseignement
du français augmente
dans le monde, mais, vous l'avez
précisé, nous
connaissons une situation spécifique
et délicate en Europe
et nous devons nous battre pour
généraliser l'enseignement
d'une deuxième langue
vivante dans les systèmes
nationaux d'enseignement. Ce
n'est pas simple. Les crédits
consacrés au rayonnement
culturel augmentent, à
périmètre constant,
de 2,3 %. Ce n'est certes peut-être
pas assez.
Je
vous remercie, Monsieur Garrigue,
d'avoir souligné l'importance
de la conclusion d'un traité
simplifié pour relancer
l'Europe. Maintenant qu'il est
plus ou moins accepté
par certains - et je les en
remercie - je peux vous dire
que ce n'était pas gagné
d'avance.
Ce
succès, comme vous l'avez
fait remarquer, n'a pas été
la seule activité européenne
de notre pays ces derniers mois.
Nous avons engagé, avec
Jean-Pierre Jouyet, les préparatifs
de la présidence française
de l'Union européenne.
Je détaillerai plus longuement
le budget qui y sera consacré,
en réponse à M.
Moscovici. Le Premier ministre
réunira prochainement
sur ce thème le Gouvernement
et plusieurs responsables étrangers,
dont mon collègue et
ami allemand Frank Steinmeier.
Les
Slovènes commencent leur
présidence à partir
du 1er janvier. Cent dix ambassadeurs
de France seront chargés
de soutenir la présidence
slovène dans les pays
où la Slovénie
n'est pas encore représentée.
C'est cela, l'Europe…