XVEME
CONFERENCE DES AMBASSADEURS
DISCOURS DU MINISTRE DE L'IMMIGRATION,
DE L'INTEGRATION, DE L'IDENTITE
NATIONALE
ET DU CODEVELOPPEMENT, M. BRICE
HORTEFEUX
(Paris, 29 août 2007)
Madame
et Messieurs les Ministres,
Mesdames
et Messieurs les Ambassadeurs,
Nous
vivons le deuxième âge
de la mondialisation, celui
"de la mobilité"
(pour reprendre l'expression
de Ban Ki-Moon, Secrétaire
général de l'ONU).
Après la libération
des flux de capitaux et de biens,
ce sont désormais les
personnes qui, la révolution
des transports aidant, franchissent,
en nombre toujours plus grand,
les frontières à
la recherche d'un emploi, d'une
formation ou tout simplement
d'une vie meilleure. Cette profonde
mutation des questions migratoires
appelait de notre part une véritable
rupture avec les pratiques antérieures.
Depuis le 18 mai dernier, c'est
désormais chose faite.
En
effet, le président de
la République a décidé
la création d'un ministère
unique placé à
la tête de toutes les
administrations responsables
des différents volets
de la politique d'entrée
et de séjour des étrangers
en France. Il m'en a confié
la responsabilité.
Il
s'agit d'une réforme
fondamentale de structure puisqu'elle
place au sein d'un seul ministère
l'ensemble des administrations
concernées par la question
des flux migratoires. Le parcours
d'un étranger candidat
à l'immigration en France
est désormais suivi dans
sa totalité par un seul
ministère regroupant
des administrations jusqu'alors
dispersées.
Cette
nouvelle organisation avait
été préfigurée
par la création, en 2005,
du Comité interministériel
de contrôle de l'immigration
(CICI) et les rencontres entre
préfets et consuls que
Nicolas Sarkozy alors ministre
d'Etat, ministre de l'Intérieur,
a réunis à trois
reprises en 2005, 2006 et 2007.
Elle
appelle un véritable
changement de culture des administrations
concernées et qui doit
aboutir à une simplification
du travail administratif et
à une meilleure efficacité.
Il ne s'agit pas simplement
de juxtaposer des services existants,
mais de les réorganiser
pour les faire mieux travailler
ensemble.
S'agissant
du ministère des Affaires
étrangères et
européennes, la direction
la plus particulièrement
concernée par cette restructuration
est la direction des Français
à l'étranger et
des étrangers en France
sur laquelle j'ai autorité,
conjointement avec M. Bernard
Kouchner. Le service des étrangers
en France a, en effet, vocation
à intégrer la
nouvelle administration centrale
qui sera créée
à partir du 1er janvier
2008 et dont Patrick Stefanini
sera le secrétaire général.
Je
souligne que c'est la première
fois que l'autorité sur
les consulats et la politique
d'attribution des visas est
partagée avec le ministre
des affaires étrangères.
Le décret du 13 janvier
1947 relatif aux attributions
des chefs de poste consulaires
en matière de visa sera
ainsi prochainement modifié
pour prendre en compte les compétences
qui m'ont été
attribuées.
Je
sais que vos personnels s'interrogent
sur la nouvelle structure que
je dirige mais vous pouvez les
rassurer : il n'est pas prévu
de créer un corps spécifique
d'officiers d'immigration.
Il
ne s'agit pas d'innover pour
le principe et de tout bouleverser
d'emblée mais d'être
plus efficaces. Les agents des
différentes administrations,
et en particulier ceux du service
des étrangers en France,
qui seront affectés à
l'administration centrale de
mon ministère continueront
de relever de leurs corps d'origine
et des directions du personnel
en charge de la gestion de leur
corps. Je souhaite, en revanche,
que se mette réellement
en place une forte mobilité
entre les agents de l'Etat en
charge de la gestion des flux
migratoires dans les préfectures
et dans les consulats. C'est
de cette façon que pourra
naître une culture commune.
Notre
but est de mettre en œuvre
une politique de l'immigration
qui articule la promotion de
nos intérêts économiques
et la préservation de
notre tradition d'accueil, qui
lutte plus efficacement contre
l'immigration illégale
tout en continuant à
offrir une protection aux étrangers
persécutés, qui,
enfin, prenne mieux en compte
les exigences nées de
nos besoins économiques
et démographiques.
Et
vous, Mesdames et Messieurs
les Ambassadeurs, votre rôle
est primordial car vous êtes
les avant-postes de cette nouvelle
politique de l'immigration.
Que vous soyez accrédités
dans des pays aujourd'hui sources
d'immigration en France, dans
des pays dont le formidable
développement économique
et démographique nous
commande d'être à
l'écoute ou encore dans
des pays dont nous souhaitons
attirer les talents, je pense
ici tout particulièrement
à l'Amérique latine
et à l'Asie - où
je me rendrai à la fin
de la semaine prochaine pour
représenter notre pays
aux célébrations
du 50e anniversaire de l'indépendance
de la Malaisie et m'entretenir
avec des chefs de gouvernement
de la région -, c'est
avec vous que nous allons construire
le chantier de la nouvelle immigration.
Car
le président de la République
m'a assigné deux missions
que je compte mener à
bien avec votre aide et votre
soutien : conforter et approfondir
notre politique d'immigration
choisie et convaincre nos partenaires
de s'engager dans une politique
de gestion concertée
des flux migratoires.
Première
mission : mettre en oeuvre une
politique d'immigration choisie
et concertée.
La
solution ne consiste pas à
réduire drastiquement
le nombre des visas. Ce serait
contre-productif pour notre
pays, qui a vocation à
continuer à accueillir
un certain nombre d'étrangers
à la condition que cet
accueil ne soit pas subi, mais
choisi par la France qui ne
peut que s'enrichir de l'apport
de populations étrangères.
Il
convient, en revanche, de transformer
notre politique d'immigration
et rééquilibrer
les différentes composantes
de l'immigration avec la fixation
de plafonds d'immigration selon
les modes d'installation en
France.
L'objectif
qui m'a été fixé
par le président de la
République est clair
: à terme, l'immigration
économique devra représenter
50 % du flux total des entrées
à fins d'installation
durable en France alors qu'elle
ne représente aujourd'hui
que 7 % des flux migratoires
vers la France.
Nous
devons mettre en place des processus
novateurs pour assurer une circulation
des compétences et nous
allons, tout particulièrement,
mettre en œuvre le dispositif
de la carte "compétences
et talents", institué
par la loi du 24 juillet 2006,
qui s'adresse aux étrangers
dont la venue dans notre pays
est particulièrement
souhaitée dans le cadre
de la politique d'attractivité
de la France. Cette carte, d'une
durée de trois ans, ne
sera pas réservée
à une élite de
super diplômés
: elle a vocation à bénéficier
à des personnes qualifiées
alors même qu'elles n'auraient
aucun diplôme.
S'agissant
des étrangers ressortissants
d'un pays de la zone de solidarité
prioritaire, cette carte ne
peut être accordée
que si la France a conclu avec
ce pays un accord de partenariat
pour le codéveloppement.
J'installerai
très prochainement la
commission chargée de
piloter ce dispositif, sous
la présidence d'un grand
chef d'entreprise. Je souhaite
que les premières cartes
"compétences et
talents" soient délivrées
à l'automne. Je vous
invite donc, ainsi que les consuls,
à vous y préparer
: les demandes de cartes "compétences
et talents" pourront, en
effet, être effectuées
dans les pays d'origine, par
les personnes qui souhaitent
en bénéficier.
Il est nécessaire que
le réseau diplomatique
et consulaire soit rapidement
mobilisé pour être
en situation de répondre
effectivement aux demandes qui
seront adressées dans
les mois à venir.
Parallèlement,
j'ai engagé une concertation
avec les partenaires sociaux
pour nous permettre d'accueillir
en France des travailleurs étrangers,
munis de cartes de séjour
"salarié",
dans les secteurs professionnels
et les zones géographiques
caractérisés par
des pénuries de main
d'œuvre.
Cependant,
la circulation des compétences
que je souhaite organiser ne
concerne évidemment pas
que les actifs : elle doit se
préparer en amont, par
une politique volontariste d'accueil
des étudiants étrangers.
Le
président de la République
et le Premier ministre m'ont
fixé une feuille de route
simple et claire : il nous faut
diversifier l'origine des étudiants
étrangers accueillis
en France et recruter davantage
d'étudiants dans les
disciplines scientifiques.
Vous
le savez, même si le nombre
d'étudiants étrangers
en France a augmenté
de 75 % en moins de dix ans,
pour atteindre 265.000 en 2005,
très peu d'entre eux
viennent des pays les plus avancés
économiquement : plus
de 50 % des étudiants
étrangers que nous accueillons
sont africains et seulement
environ 15 % asiatiques.
De
la même façon,
le nombre des étudiants
étrangers inscrits dans
des filières généralistes
est sur-représenté,
au détriment des études
plus orientées vers la
pratique et les besoins économiques
des pays d'origine. Ainsi, sur
10.000 étudiants sénégalais,
seulement 500 sont en IUT alors
que 2.300 sont en lettres et
sciences humaines. De même,
sur environ 1.500 étudiants
japonais en France, seulement
5 sont ingénieurs !
La
création des centres
pour les études en France
(CEF) puis de l'agence Campus
France a évidemment constitué
un premier progrès mais
il est insuffisant. La définition
et la mise en œuvre d'une
nouvelle politique d'orientation
et d'accueil des étudiants
étrangers seront un de
mes principaux chantiers et
je compte sur vous et vos collaborateurs
des services culturels et de
coopération pour me faire
des propositions. Vous connaissez
les étudiants, leurs
attentes, leurs besoins. Soyez
inventifs, je serai à
votre écoute.
Rééquilibrer
les flux migratoires, c'est
aussi, vous le comprenez mieux
encadrer le regroupement familial
: si notre pays se doit naturellement
de préserver sa tradition
d'accueil, il ne saurait cependant
tolérer que des étrangers
qui ne respectent pas nos valeurs
et n'ont pas de volonté
d'intégration soient
autorisés à s'installer
en France. Il n'est, bien sûr,
pas question dans mon esprit
d'interdire à un immigré
de faire venir sa famille en
France. Mais il ne saurait y
avoir un droit absolu et inconditionnel
à s'installer en France,
sans projet d'intégration,
sans travail, sans logement
digne, sans perspectives.
C'est
pourquoi, je vais présenter
au Parlement, dès le
18 septembre, un projet de loi
qui préparera, en amont,
le parcours d'intégration
des candidats au regroupement
familial. Ce projet crée,
pour les candidats au regroupement
familial, un test de connaissance
de la langue française
et des valeurs de la République,
suivi si nécessaire,
d'une formation d'une durée
maximale de deux mois.
L'attestation
de suivi de cette formation
sera nécessaire pour
obtenir le visa de long séjour.
Votre
rôle, Mesdames et Messieurs
les Ambassadeurs, sera essentiel
dans ce dispositif : les instituts,
les centres culturels et les
alliances françaises
devront se mobiliser, à
votre initiative, pour le mettre
en œuvre comme le font
nos voisins allemands et néerlandais
notamment. Le recours à
des partenaires privés
ne peut être exclu mais
ces organismes devront être
agréés par l'agence
nationale de l'accueil des étrangers
et des migrations.
De
même, vous devez vous
impliquer avec fermeté
dans le contrôle de l'immigration
irrégulière et
des détournements de
procédures : vous êtes
au premier rang de la lutte
contre les mariages blancs et
contre la fraude documentaire
et dans la mise en œuvre
du système des visas
biométriques. 65 postes
seront équipés
d'ici la fin de cette année,
la totalité, soit 136
de plus, le seront d'ici la
fin 2008. Nous devons être
prêts lors de la création
du système communautaire
d'information sur les visas
(VIS) qui devrait être
opérationnel en 2009.
Enfin
il revient, pour ceux d'entre
vous qui sont en poste dans
des pays vers lesquels nous
organisons des éloignements,
d'établir et de nourrir
un dialogue soutenu avec les
autorités locales pour
faciliter la délivrance
des laissez-passer consulaires
qui sont, comme vous le savez,
indispensables à l'acheminement
dans leurs pays des étrangers
se trouvant illégalement
sur notre territoire.
Seconde
mission : repenser la politique
d'aide au développement
dans les pays sources d'immigration
à la lumière de
la question des flux migratoires
et engager une politique de
gestion concertée avec
nos partenaires.
Après
la décolonisation, la
France a signé avec 15
pays d'Afrique des accords bilatéraux
relatifs aux conditions de circulation
et d'établissement des
personnes. Aucun de ces accords
ne prend en compte le lien entre
développement économique
des pays d'origine et émigration.
Or,
depuis, ces pays ont connu un
grand dynamisme démographique
et des difficultés dans
leur développement qui
ont encouragé l'émigration
vers notre pays. Dans le même
temps, certains secteurs économiques
en France souffrent d'une pénurie
de main d'œuvre et peuvent
trouver intérêt
à la venue de travailleurs
étrangers. Enfin, des
expériences de retour
des migrants conduites avec
le Mali, le Sénégal
et le Maroc, nous prouvent que
ces derniers peuvent jouer un
rôle dans le développement
de leur pays d'origine.
La
combinaison de ces trois facteurs
montre que la seule législation
nationale ne peut suffire à
assurer la maîtrise des
flux migratoires, nous devons
faire appel à la négociation
internationale et intégrer
une nouvelle vision de l'aide
au développement.
En
lien avec Bernard Kouchner,
le ministre des Affaires étrangères
et européennes, et Jean-Marie
Bockel, le secrétaire
d'Etat chargé de la Coopération
et de la Francophonie, j'entends
donc participer à la
définition et à
la mise en œuvre d'une
politique d'aide au développement
des pays sources d'immigration,
qui prenne en compte, de manière
opérationnelle, la question
des flux migratoires.
Le
président de la République
et le Premier ministre m'en
ont donné la mission
: le moment est venu de nouer
des partenariats avec les pays
les moins développés,
en particulier en Afrique, pour
réguler ensemble, dans
l'intérêt des deux
parties, les flux migratoires.
Les
pays d'origine nous feront part
de leurs besoins et s'engageront
à nous aider à
lutter contre l'immigration
illégale, en échange
de quoi nous accueillerons un
certain nombre de ressortissants
et formerons leurs élites
dans des domaines où
celles-ci pourraient mettre
ensuite leur formation au service
de leur pays. Nous devons renouer
avec notre tradition d'accueil
des élites des pays du
Sud, fondée sur le dialogue
et l'intérêt mutuel
entre le pays d'origine et le
pays d'accueil.
C'est
tout l'enjeu de la négociation,
avec les pays d'origine de l'immigration,
des accords de gestion concertée
des flux migratoires, qui comprennent
un volet relatif à l'aide
au développement et qui
sont appelés à
devenir un instrument à
part entière de la politique
d'immigration de notre pays.
Deux
accords de cette nature ont
déjà été
signés : le premier avec
le Sénégal, le
23 septembre 2006, signé
par le président Sarkozy
alors ministre d'Etat. J'en
ai signé un autre avec
le Gabon, le 5 juillet, en présence
du président Omar Bongo.
J'ai engagé des discussions
avec le Bénin, en rencontrant
le président Boni Yayi
en juin dernier à Cotonou.
J'ai également recueilli
l'accord de la République
du Congo pour préparer
un tel accord. Dans les prochains
mois, j'ouvrirai des discussions
avec d'autres pays. Ce sont
une vingtaine de pays qui devraient
être concernés
d'ici la fin 2009.
Je
ferai valoir une approche très
pragmatique de l'aide publique
au développement au sein
des différents organes
de gestion de l'aide publique
au développement, qu'il
s'agisse du Comité interministériel
de la coopération internationale
et du développement ou
du conseil d'administration
de l'Agence française
de développement et présenterai
un échéancier
indicatif des négociations
prévues pour les deux
prochaines années.
Parce
que la maîtrise des flux
migratoires doit être
une priorité, je suis
persuadé que nous devons
privilégier les actions
sectorielles et géographiques
qui permettent d'y répondre.
Cela nécessite une réflexion
sur la concentration des crédits
de coopération ayant
un impact direct sur les flux
migratoires, comme c'est notamment
le cas pour la coopération
en matière de santé,
d'état civil, d'aide
au secteur productif et universitaire.
C'est
le sens du nouveau programme
budgétaire "codéveloppement"
géré par le ministère
de l'immigration, de l'intégration,
de l'identité nationale
et du codéveloppement
aux côtés des programmes
"aide économique
et financière du développement"
du ministère de l'Economie,
des Finances et de l'Emploi,
d'une part, et "solidarité
à l'égard des
pays en développement"
du ministère des Affaires
étrangères et
européennes, d'autre
part.
Ce
programme traduit la volonté
du président de la République
et du Premier ministre de fixer,
parmi les priorités de
notre aide publique au développement,
de nouvelles pratiques d'aide
au développement des
pays les plus pauvres au moyen
d'actions et de dispositifs
impliquant les migrants dans
le développement de leur
pays d'origine.
J'entends
ainsi augmenter très
fortement notre effort d'aide
à la réinsertion
économique des migrants
souhaitant retourner volontairement
dans leurs pays d'origine et
favoriser la mobilisation de
l'épargne des migrants
qui représente actuellement
8 milliards d'euros par an dont
80 % sont consacrés à
la consommation courante.
Je
mettrai aussi en œuvre,
dans les jours qui viennent,
le "compte épargne
codéveloppement",
qui permettra aux migrants séjournant
en France de faire fructifier
leur épargne avant de
l'investir dans le pays d'origine,
en bénéficiant
d'une incitation fiscale. Je
vous demande de faire connaître
activement, dans vos pays de
résidence, ce dispositif
créé par la loi
du 24 juillet 2006 et un décret
du 19 février dernier.
Mais
l'effort que nous accomplissons
au niveau national n'a de sens
que s'il est poursuivi à
l'échelle de l'Europe
puisque dans un espace de libre
circulation, toute décision
prise par un Etat membre a des
répercussions chez ses
voisins.
J'ai
à l'esprit le grand rendez-vous
de 2008 : la France aura la
chance, dans un an, de présider
l'Union européenne et,
ce faisant, d'afficher ses priorités
: les questions migratoires
- le président de la
République l'a souligné
lundi matin - seront un thème
essentiel de notre présidence.
Nous
avons déjà posé
les jalons d'une politique européenne
plus concertée de l'immigration.
La France a proposé l'adoption
d'un Pacte européen de
l'immigration car il est essentiel
de fonder la politique européenne
de l'immigration sur une démarche
volontaire des Etats et sur
quelques grands principes communs
: le refus des régularisations
massives ; la mise en place
d'une frontière extérieure
efficace et fiable ; l'établissement
d'une règle commune de
regroupement familial ; le principe
de l'éloignement systématique
des migrants clandestins. Nous
devons progresser aussi vers
un rapprochement de nos systèmes
d'asile.
Dans
le même temps, l'effort
de codéveloppement doit
être accentué à
l'échelle européenne.
Depuis
la signature de l'accord franco-sénégalais,
nous travaillons à convaincre
nos partenaires européens
de la nécessité
de s'engager eux aussi dans
la généralisation
des accords de gestion concertée
des flux migratoires. Nous avons
proposé au début
de l'année un projet
d'accord-type, pouvant être
signé entre un ou plusieurs
Etats européens et un
ou plusieurs Etats tiers, s'inspirant
de l'accord du 23 septembre
2006, et la Commission, qui
partage notre préoccupation,
a proposé aux Etats membres
la signature de "partenariats
pour la mobilité"
inspirés de l'expérience
française.
Notre
capacité à signer,
d'ici un an, une série
d'accords de gestion concertée
est une des clefs du succès
de notre présidence dans
le domaine de l'immigration.
D'autant
que la France s'est engagée
à organiser, au deuxième
semestre 2008, deux ans après
Rabat, la deuxième conférence
euro-africaine sur la migration
et le développement.
***
Madame
et Messieurs les Ministres,
Mesdames
et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames
et Messieurs,
Mon
programme est ambitieux et les
objectifs du président
de la République clairs
et précis.
La
question de l'immigration est
centrale pour l'équilibre
de la société
française et la politique
de l'immigration doit occuper
une place de choix sur notre
agenda tant national qu'européen
et international.
Les
principes que je viens de vous
présenter sont désormais
aussi les vôtres. Dans
un an, je devrai présenter
un bilan des actions engagées
au niveau national et international.
J'entends bien atteindre les
objectifs qui m'ont été
fixés avec votre aide
et votre soutien.
Votre
expertise et votre expérience,
le dévouement et le savoir-faire
de vos collaborateurs dans les
consulats sont essentiels. C'est
avec vous que nous pourrons
faire évoluer durablement
la politique d'immigration.
Je
vous fais confiance pour mettre
en œuvre avec la détermination
et le sens du service public
qui vous honorent, les orientations
qui ont été décidées
par le président de la
République./.