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PROJET DE LOI AUTORISANT L'APPROBATION
DE L'ACCORD
ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE
FRANÇAISE
ET LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE
GABONAISE
RELATIF A LA GESTION CONCERTEE
DES FLUX MIGRATOIRES ET AU CODEVELOPPEMENT
INTERVENTION
DU SECRETAIRE D'ETAT CHARGE DES AFFAIRES
ETRANGERES
ET DES DROITS DE L'HOMME, MME RAMA YADE,
A L'ASSEMBLEE NATIONALE
(Paris, 10 avril 2008)
Monsieur
le Président,
Monsieur
le Rapporteur de la commission des Affaires
étrangères,
Mesdames,
Messieurs les Députés,
J'ai
l'honneur de vous soumettre aujourd'hui
le projet de loi autorisant l'approbation
de l'accord entre le gouvernement de
la République française
et la République gabonaise relatif
à la gestion concertée
des flux migratoires et au codéveloppement,
signé à Libreville le
5 juillet 2007.
Permettez-moi,
avant de vous en expliciter le contenu,
de vous rappeler le contexte de la signature
de cet accord.
S'inscrivant
dans le cadre de l'approche globale
sur les migrations, approuvée
par le Conseil européen de décembre
2005 et réaffirmée par
celui de décembre 2006, il illustre
également la volonté,
affirmée lors de la conférence
ministérielle euro-africaine
sur la migration et le développement
qui s'est tenue à Rabat en juillet
2006, de lancer un partenariat global
entre les pays d'origine, de transit
et de destination de la migration.
Sous
l'impulsion du président de la
République et de son homologue
gabonais, les négociations engagées
dès la fin du mois de mai 2007
par Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration,
de l'Intégration, de l'Identité
nationale et du Développement
solidaire, sur les questions de circulation
et de séjour des personnes, ont
rapidement abouti à cet accord
qui répond aux préoccupations
communes des deux Etats devant l'ampleur
des flux de migrants clandestins entre
l'Afrique et l'Europe.
Cet
accord me donne l'occasion de vous présenter
une vision globale et cohérente
des migrations. Il intègre des
préoccupations relatives à
la sécurité, au contrôle
des frontières et à la
maîtrise des flux migratoires
et il vise à faciliter la circulation
des personnes et à encourager
une migration temporaire fondée
sur la mobilité et l'incitation
au retour des compétences dans
le pays d'origine. Enfin, il met en
place des dispositifs propres à
favoriser l'enrichissement du pays d'origine
grâce à la migration.
Je
voudrais à présent vous
présenter les principales dispositions
qu'il contient.
Par
cet accord, la France et le Gabon s'engagent
à délivrer, dans le respect
de la réglementation en vigueur,
des visas de court séjour à
entrées multiples d'une validité
d'au moins deux ans, afin de favoriser
la circulation des personnes.
L'accord
répond au souhait de la France
d'orienter les flux migratoires selon
les besoins de notre économie
en facilitant notamment la venue et
le séjour temporaire en France
d'étudiants étrangers
que nous souhaitons accueillir. Il prend
également en compte les intérêts
du pays d'origine en faisant en sorte
que la migration contribue à
son enrichissement, non seulement à
travers les transferts de fonds des
migrants, mais également grâce
à la formation et à l'expérience
acquises par ceux-ci au cours de leur
séjour en France.
Certaines
dispositions de l'accord sont dérogatoires
du droit commun. Pour les étudiants
souhaitant compléter leur formation
par une première expérience
professionnelle, des dispositions spécifiques
ont été convenues, telles
que la délivrance d'une autorisation
provisoire de séjour de neuf
mois renouvelable une fois. On déroge
donc ici à l'autorisation provisoire
de séjour de six mois prévue
par le code de l'entrée et du
séjour des étrangers et
du droit d'asile, autorisation provisoire
accordée à l'étudiant
ayant achevé avec succès
un cycle de formation conduisant au
master ou à la licence professionnelle.
Dans
le domaine de l'accès au travail,
l'accord prévoit l'ouverture
aux ressortissants gabonais de certains
métiers sur l'ensemble du territoire
français, alors que le code de
l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile
ne prévoit l'accès au
marché du travail des ressortissants
de pays tiers que dans certaines zones
géographiques.
Les
ressortissants gabonais sont également
éligibles à la carte de
séjour "compétences
et talents" lorsqu'ils sont susceptibles
de contribuer de façon significative
et durable au développement économique
ou au rayonnement de la France. Par
dérogation au droit commun, qui
prévoit que la carte "compétences
et talents" ne peut être
renouvelée qu'une seule fois
pour les ressortissants de la zone de
solidarité prioritaire, cette
carte d'une durée de validité
de trois ans peut être renouvelée
sans limite pour les ressortissants
gabonais.
En
ce qui concerne les Français
présents sur le territoire du
Gabon, la partie gabonaise s'engage
à modifier sa législation
afin de permettre la délivrance
d'une carte de séjour d'une durée
de cinq ans renouvelable aux ressortissants
français ayant séjourné
plus de trois ans au Gabon ou mariés
depuis plus de trois ans à une
ou un ressortissant gabonais.
Cette
option conjointe d'une migration régulière
et contrôlée s'accompagne
de l'établissement d'une coopération
renforcée dans la lutte contre
l'immigration clandestine pour laquelle
la France s'engage à apporter
au Gabon une expertise policière
en la matière.
La
France et le Gabon s'engagent également
à réadmettre sur leur
territoire les personnes qui se trouvent
en situation irrégulière
sur le territoire de l'autre partie.
Cette disposition vise non seulement
les nationaux de chacune des parties
mais aussi les ressortissants d'États
tiers qui ont séjourné
sur le territoire de l'une ou l'autre
des parties.
En
outre, la France est prête à
apporter son expertise au gouvernement
gabonais afin d'améliorer la
fiabilité du fichier d'état
civil et la sécurité des
titres d'identité et de voyage,
conditions d'une bonne maîtrise
de la circulation des personnes.
Enfin,
l'accord jette les bases d'une politique
de codéveloppement, qui répond
à la volonté des parties
de mobiliser les ressources et les compétences
des Gabonais résidant en France
au profit du développement de
leur pays d'origine et, avec l'aide
financière de la France, de les
soutenir dans cette démarche.
La
signature d'un tel accord constitue
un signal fort à destination
de nos partenaires des pays source d'émigration.
Elle traduit la volonté de la
France de parvenir à une gestion
concertée des flux migratoires,
mutuellement bénéfique
sur les plans économique et humain.
Telles
sont, Mesdames, Messieurs les Députés,
les principales dispositions de l'accord
entre le gouvernement de la République
française et le gouvernement
de la République gabonaise relatif
à la gestion concertée
des flux migratoires et au codéveloppement
soumis aujourd'hui à votre approbation./.
(Source
: site Internet de l'Assemblée
nationale)
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