CONFERENCE-DEBAT
"DIPLOMATIE
ET DROITS DES FEMMES"
ALLOCUTION DU MINISTRE
DES AFFAIRES ETRANGERES
ET EUROPEENNES, M. BERNARD
KOUCHNER
(Paris,
7 mars 2008)
Mesdames
et Messieurs,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs
les Ambassadeurs et
Ambassadrices,
Je devrais dire Mesdames
les Ambassadrices,
Messieurs les Ambassadeurs,
C'est
une grande journée,
pas seulement parce
que c'est la journée
internationale des femmes.
Nous avons choisi cette
journée pour
parler avec les femmes
et surtout pour les
écouter. C'est
une grande journée
parce que, personnellement,
et je pense qu'à
la tribune on ne dira
pas le contraire, nous
les avons entendues.
Je vous assure que ce
fut un exercice que
l'on vit toujours -
c'est toujours comme
cela avec la vérité
- aux dépens
de soi-même.
Ce
matin et à midi
il y a eu des séances
parlant de ce ministère
et de cette diplomatie,
qui ont été
des moments de vérité,
des moments sans langue
de bois comme, sous
ses lambris dorés,
sous ses plafonds travaillés,
on aimerait en entendre
plus.
Nous
parlions de la réalité.
La réalité,
nous n'avons pas particulièrement
à en rougir,
ici au ministère
des Affaires étrangères
et européennes,
par rapport aux autres
ministères. Mais,
par rapport à
d'autres, nous sommes,
les Français,
sans doute très
en retard.
Alors,
pour vous faire perdre
un peu plus de votre
temps, je vais vous
infliger quelques paroles
sentencieuses, et puis
nous commencerons le
débat. C'est
du débat que
nous attendons, comme
ce matin, un certain
nombre d'évidences,
d'éclairages
et de conduites à
tenir. Parce que le
code de conduite, et
en particulier concernant
le temps de travail,
qui m'a été
remis ce matin par les
femmes de ce ministère,
c'est un élément
essentiel. Nous pouvons
non pas travailler six
heures mais travailler
six heures comme il
faut en choisissant
nos heures. C'est un
exemple, mais comme
je l'ai reçu
ce matin, j'espère
que nous en tiendrons
compte. La directrice
des Nations unies à
côté de
moi devra modifier son
plan, mais elle, c'est
une femme, alors elle
se débrouillera.
Les autres auront à
suivre.
"Partout
où l'homme a
dégradé
la femme, il s'est dégradé
lui-même "
écrivait Fourier
: nous sommes ici réunis,
femmes et hommes, pour
un sujet qui nous concerne
tous. Non seulement
parce que les mauvais
traitements infligés
aux femmes rejaillissent
sur l'humanité
tout entière,
mais aussi parce qu'il
n'est hélas pas
un pays qui échappe
à la dure maxime
de Fourier. Partout,
l'homme dégrade
la femme, partout, il
se dégrade lui-même.
C'est
pourquoi notre réunion
d'aujourd'hui est essentielle
pour le Ministère
des Affaires étrangères
et pour ce que nous
appelons avec un peu
d'arrogance parce que
nous ne sommes pas les
seuls mais quand même,
la patrie des Droits
de l'Homme. Partout
dans le monde où
il y a des atteintes
à la dignité
et à l'intégrité
de la femme, il y a
une responsabilité
particulière
de la France. Le Ministère
des Affaires étrangères
et européennes,
lien entre la France
et le monde, doit être
au cœur de cette
responsabilité.
Cette
responsabilité
s'applique d'abord à
nous-mêmes : même
si la France, fort heureusement,
n'est pas la plus mauvaise
élève
en la matière,
il serait grave et mensonger
de se congratuler nous-mêmes.
Il serait, dans cette
maison, impossible même
de le faire.
Cette
responsabilité
s'applique ensuite partout
où les femmes
sont menacées,
martyrisées,
battues, violées,
enfermées, et
vous verrez des exemples
tout à l'heure.
La France doit être
aux côtés
de ceux qui défendent
les droits des femmes
partout dans le monde.
Il y en a beaucoup dans
cette salle. Votre travail
est fondamental et je
vous remercie de nous
en faire profiter.
Mais
la question des droits
des femmes va plus loin
: parce qu'elles sont
au cœur des équilibres
familiaux, culturels,
sanitaires et sociaux
de chaque pays, et en
particulier dans les
pays les moins avancés,
les femmes jouent un
rôle central en
matière de santé,
de développement,
d'éducation.
A ce titre, leur sort
nous concerne doublement
: pour elles mais aussi
pour l'ensemble de leurs
pays, qui ne progresseront
pas sans elles.
Vigies
de toutes les menaces
pesant sur les Droits
de l'Homme, actrices
incontournables du développement,
défi d'égalité
majeur pour notre ministère
: tels sont les trois
aspects du droit des
femmes que je voudrais
évoquer brièvement
maintenant.
Les
femmes, sentinelles
des Droits de l'Homme
Premièrement,
et je serai bref, les
femmes sentinelles des
Droits de l'Homme. Je
sais bien que l'on pourrait
dire "human rights"
et puis ce serait réglé,
mais nous, nous avons
choisi, et ce n'est
pas un hasard, de parler
des Droits de l'Homme.
Mais moi, je veux parler
du droit des femmes.
Ayant
côtoyé
dans bien des sociétés
et vécu dans
bien des pays en crise,
ayant rencontré
bien des combattantes,
j'en ai tiré
une certitude : une
société
qui maltraite ses femmes
est une société
malade.
Nous
connaissons tous ici
la violence, l'insupportable
cruauté des inégalités
à travers le
monde. Nous savons l'intarissable
inventivité des
hommes dès qu'il
s'agit de maltraiter
les femmes et de le
justifier par la coutume,
la religion, la guerre
ou d'autres belles inventions
viriles. Mais il nous
faut comprendre et faire
comprendre, nous aussi
particulièrement,
que ces inégalités
sont les premiers signes
d'un dysfonctionnement
généralisé
d'une société.
Quand
14.000 femmes meurent
chaque année
en Russie de violences
domestiques, c'est toute
une société
qui est minée
par la violence ; quand
une saoudienne est condamnée
à la flagellation
pour avoir été
violée, c'est
tout un pays qui a perdu
la notion d'humanité
; quand 130 millions
de femmes africaines
sont victimes de mutilations
sexuelles, c'est tout
un continent qui se
détruit lui-même
; quand les salariées
françaises gagnent
15% de moins que les
hommes à travail
égal, et qu'elles
assument dans le même
temps 80% des tâches
domestiques, c'est toute
une organisation sociale
qui révèle
son injustice.
C'est
pourquoi le combat pour
les droits des femmes
doit être pour
nous – pardonnez-moi
l'expression- un étalon
de notre combat pour
les Droits de l'Homme
– peut-être
devrais-je dire les
droits humains. Il ne
sert à rien d'œuvrer
à la démocratie,
si la moitié
d'un pays en est exclue.
Il ne sert à
rien de proclamer la
liberté, si 50
% de l'humanité
en est privée.
Et il ne sert peut-être
à rien de faire
de la politique, si
c'est en oubliant les
femmes : "Travailleurs
de tous les pays, qui
lave vos chaussettes
?" disait le MLF
quand Charles Josselin
et moi défilions.
Eh bien, elles avaient
raison et cela doit
être à
peu près toujours
vrai.
Je
souhaite donc que le
Ministère des
Affaires étrangères
et européennes
s'engage très
vigoureusement en faveur
des droits des femmes.
C'est pourquoi la présidence
française de
l'Union européenne
sera pour nous l'occasion
de faire des droits
des femmes un thème
prioritaire.
A
l'occasion de la PFUE,
nous comptons en effet
lancer plusieurs chantiers
importants :
-
la définition
d'orientations précises
et opérationnelles
qui serviront dans les
enceintes internationales
et sur le terrain, en
mobilisant les ambassades
et les délégations
de l'Union européenne
;
-
des initiatives au sein
du système des
Nations unies contre
les violences à
l'égard des femmes
; il y en a, renforçons-les,
il n'y en a pas assez,
inventons-en d'autres.
Et merci, Madame, avec
Mary Robinson, d'inventer
cela à propos
du Darfour et d'être
aussi obstinée
et efficace.
-
une association à
l'initiative de Ban
Ki-moon présentée
le 25 février
dernier d'un plan d'action
mondial sur les violences
contre les femmes ;
-
un forum des ONG consacré
en décembre 2008
à ces questions
;
-
l'adoption d'indicateurs
sur le thème
"les femmes et
les conflits armés".
Nous
organiserons également
en décembre prochain
un Conseil des ministres
chargés de l'emploi
et des affaires sociales
qui se penchera sur
trois sujets importants
: la sécurité
et la santé des
travailleuses enceintes,
accouchées ou
allaitantes au travail
; le congé parental
et l'égalité
de traitement entre
hommes et femmes exerçant
une activité
indépendante.
L'Europe
doit en effet être
sur ce sujet à
la pointe du combat.
Par son histoire, par
ses valeurs, par les
progrès qu'elle
a déjà
accomplis, elle se trouve-là
en face d'une responsabilité
historique. Depuis le
Traité de Rome,
qui affirmait la nécessaire
égalité
des rémunérations,
jusqu'au Traité
de Lisbonne, qui renforce
la lutte contre les
discriminations, l'Europe
a toujours montré
le chemin - pas toujours
nous.
L'initiative
ambitieuse impulsée
par Gisèle Halimi
- que je salue - d'une
"clause de l'Européenne
la plus favorisée".
Dans chacun des domaines,
il y a un pays qui est
en avance, et il faudrait
que les autres pays
rejoignent ce niveau,
c'est une belle initiative,
très intéressante.
Elle sera difficile
à mettre en œuvre
surtout si on ne l'essaie
pas. Donc, nous essaierons.
Je souhaite que nous
explorions toutes les
manières d'avancer
dans ce sens.
Pour
nous Français,
comme pour tous les
Européens, l'Europe
doit être en matière
de droits des femmes
une exigence, une remise
en cause de nos habitudes,
de nos imperfections,
de nos défauts.
C'est aussi à
cela que sert l'ouverture
européenne :
à progresser.
Quelles
que soient les initiatives
concrètes, l'Europe
doit en tout cas continuer
d'avancer, en étant
exigeante en interne,
en particulier en ce
qui concerne la santé
génésique
et l'avortement, sujets
sur lesquels nous ne
parvenons pas, hélas,
à une nécessaire
unanimité.
Elle
doit continuer également
à être
à la pointe du
combat partout dans
le monde, par exemple
sur les questions des
conflits armés,
de la polygamie ou des
inégalités
civiles. Partout dans
le monde, ce sont-là
les principaux obstacles
au développement.
Les
femmes, actrices du
développement.
Puisqu'il
est désormais
de bon ton d'en référer
à Edgar Morin,
je n'ai pas besoin de
revenir sur le rôle
d'agent secret de la
modernité qui
est souvent celui des
femmes – mais
c'est une belle phrase
"agent secret de
la modernité".:Chacun
de vous a en tête
cette formule et les
réalités
qu'elle recouvre.
Je
voudrais simplement
vous faire part de mon
expérience, expérience
à la fois des
guerres et du développement,
des systèmes
de santé balbutiants
et des massacres planifiés.
J'ai
vu depuis quarante ans
les pires horreurs que
les hommes sont capables
d'imaginer. Derrière
chaque fusil tuant des
enfants, derrière
chaque machette éventrant
une femme enceinte,
derrière chaque
micro beuglant des appels
au meurtre, j'ai toujours
vu des mâles,
très rarement
des femelles. Des petits
mâles, sans doute,
pleins de problèmes
d'identité, de
pulsions sexuelles mal
canalisées ou
d'egos surdimensionnés,
mais des mâles
exprimant leur virilité
par la violence et la
mort.
Et
tout à l'heure,
il y aura un film formidable
fait par le docteur
Luci qui est de Goma,
dans cet extraordinaire
hôpital qu'il
a fondé et qui
s'appelle "Doc".
Il y a Pierre Foldes
qui a été
le premier ici à
Médecins du monde
à prendre en
charge les conséquences
de l'excision. Il vous
racontera, je pense
qu'il sera nécessaire
de les écouter
tous les deux, les difficultés
qu'il a connues en France,
pas seulement au Mali
ou dans d'autres pays.
Donc, je vous demanderai
d'assister à
la projection de ce
film. Cela dure une
demi-heure, mais je
crois que c'est mieux
qu'un long discours.
J'ai
aussi vu fonctionner
des hôpitaux,
j'ai vu des familles
survivre dans les pires
conditions, j'ai rencontré
des gens qui tentaient
de bâtir la paix
et la prospérité.
Et vous en êtes,
si on devait faire une
statistique, ce sont
souvent des femmes qui
se battaient dans ces
conditions, ce sont
souvent les femmes qui
savent gérer
l'argent de la récolte,
soigner les enfants,
prévoir l'avenir
et organiser la communauté,
quand leurs maris ou
leurs fils sont trop
occupés par leur
orgueil et par leurs
hormones mâles.
C'est
pourquoi une politique
de développement
efficace doit nécessairement
s'appuyer sur les femmes,
se faire en partenariat
avec elles. Il en va
de leur propre avenir
comme de celui de la
société
tout entière.
La lutte pour les droits
des femmes est à
la fois un objectif
à part entière
et un moyen d'améliorer
toute action dans les
domaines de la gouvernance
et des progrès
sociaux et économiques.
Ce
n'est d'ailleurs pas
un hasard si trois des
huit Objectifs du Millénaire
pour le développement
énoncés
par l'ONU en l'an 2000
concernent les femmes
Le
ministère des
Affaires étrangères
et européennes,
pour mener une politique
de développement
prenant en compte la
condition des femmes,
s'appuie aujourd'hui
sur trois instances
:
-
Le réseau "genre
en action", réseau
d'expertise créé
en 2003 à l'initiative
du MAE pour mettre en
contact les différents
acteurs français
et internationaux sur
ces sujets et diffuser
les bonnes pratiques.
-
La plate-forme "genre
et développement",
qui remplit un rôle
consultatif pour la
politique française
de développement.
-
La commission "genre"
de Coordination sud,
dont la fonction est
de promouvoir la question
du genre dans les ONG
de solidarité
internationale.
Avec
ces partenaires, nous
disposons des moyens
de mener une vraie politique
globale de développement.
Les
mêmes raisonnements
valent pour la santé,
qui est une condition
majeure du développement.
Qu'il s'agisse de la
lutte contre le VIH/SIDA,
de la santé maternelle
et infantile, de la
malnutrition, de l'hygiène
élémentaire
ou, plus ambitieuse,
de la mise en place
d'une assurance maladie
dans les pays en développement,
et pour laquelle une
deuxième conférence
sera organisée
début mai. Là,
ce sont les expériences
pratiques, les expériences
réussies que
nous illustrerons.
Les
femmes, avenir de la
diplomatie.
Si
nous avons vocation
à nous adresser
chaque jour davantage
aux femmes, nous devons
évidemment être
conscients des progrès
qui nous restent à
faire. Je le disais
en commençant
: il n'y a hélas
pas un pays au monde
qui puisse se targuer
d'être irréprochable
en la matière,
et surtout pas le nôtre.
Nous ne sommes certes
pas les pires, mais
nous ne sommes pas les
meilleurs, et nous aurions
beaucoup à apprendre
de certains de nos partenaires
européens, en
particulier scandinaves.
C'est
pourquoi nous devons,
en France comme ailleurs,
être particulièrement
vigilants, et reprendre
à notre compte
quotidiennement, inlassablement,
ce combat toujours inachevé
pour les droits des
femmes et pour l'égalité.
Je
ne parlerai ici que
de ce qui me concerne
directement : le Ministère
des Affaires étrangères
et européennes.
Autant
le reconnaître
d'emblée, nous
ne sommes pas en position
de donner des leçons
: 8 directrices sur
32, 8 directrices adjointes
et chefs de service
sur 31, 19 sous-directrices
sur 83, 12 % de femmes
ambassadeurs, 12 % de
ministres plénipotentiaires,
22 % de conseillers
des Affaires étrangères,
mais 47 % de secrétaires
de chancellerie et 68
% d'adjoints administratifs
et techniques…
La parité, ici
comme souvent ailleurs,
ne devient réalité
que lorsque l'on s'éloigne
des fonctions dirigeantes.
Il
serait bien sûr
facile et mensonger
d'accuser uniquement
la machine, et particulièrement
la machine du ministère,
dont je mesure à
chaque promotion que
les femmes y sont insuffisamment
nombreuses à
presque tous les niveaux
et c'est cela qui ne
permet pas la promotion.
Si elles sont nombreuses
en bas, il faut les
promouvoir. Cela n'est
pas fait suffisamment.
C'est le fruit d'une
histoire ancienne, et
Rome ne s'est pas faite
en un jour. Maintenant
nous allons nous atteler
à égaliser
l'ensemble et à
tous les niveaux –
facile à dire
! Il serait aussi facile
et mensonger d'accuser
la machine.
Mais
ce constat ne doit pas
nous dédouaner
ni nous déresponsabiliser.
Il est aujourd'hui nécessaire
d'aller vers l'égalité.
C'est une question de
justice, c'est une question
politique, c'est une
question aussi d'efficacité.
Les
diplomates français,
pas plus que les ouvriers
asiatiques ou les paysans
africains, ne sont à
l'abri des poussées
viriles déplacées
que j'évoquais
à l'instant.
Pourquoi devrions-nous
leur accorder un monopole
que nous redoutons ailleurs
? Et comment ne pas
comprendre que pour
vanter les mérites
de l'égalité
à nos interlocuteurs,
nous ne sommes pas un
modèle, mais
nous nous devons d'être
exemplaires ou presque,
et nous ne le sommes
pas.
Disant
cela, je ne prétends
surtout pas que les
femmes seraient plus
à même
de penser certaines
choses, de s'intéresser
au développement
ou à la santé.
Ce qui laisserait aux
hommes les choses sérieuses
: la guerre et le grand
jeu, la politique.
Nous
devons plutôt
reconnaître l'apport
indispensable de la
mixité dans la
construction d'une pensée
et d'une action humaines
cohérentes. La
mixité, c'est
une première
ouverture à l'autre,
à l'altérité,
à la différence.
Or, je ne crois pas
que la diplomatie puisse
faire l'impasse sur
l'altérité.
C'est
pourquoi je me félicite
d'avoir réussi,
timidement encore, à
faire évoluer
les choses depuis quelques
mois. Je nous remercie,
je ne m'en attribue
pas le mérite.
A ma place, ave les
moyens qui sont les
nôtres, tous ensemble,
je reste, je demeure,
je serai méticuleux
sur les nominations,
je suis intraitable
sur les promotions et
j'essaye de conserver
toujours cette nécessaire
exigence dans mes rapports
avec tous les agents
de ce ministère.
Mais il y a aussi un
comité de sélection
ici. Le comité
de sélection
lui-même qui vous
présente des
noms - pour tel poste
d'ambassadeur, il y
a trois noms -, je ne
suis pas sûr qu'il
tienne compte terriblement
de l'égalité
nécessaire des
sexes. Quand il n'y
a que trois hommes à
choisir, cela devient
difficile ! Donc, il
faut aussi se rebeller
de temps en temps.
Et
je me félicite
donc de tenter d'y parvenir.
J'en ai cité
certaines, pas toutes
bien sûr, mais
je crois qu'il y a globalement
une ouverture du Quai
d'Orsay à la
question de l'égalité
hommes - femmes qui
est indéniable.
J'en veux par exemple
pour preuve les invitations
de "femmes d'avenir"
par le CAP dans le cadre
de son programme sur
les personnalités
d'avenir. Universitaire
soudanaise, juriste
sud-africaine, médecin
péruvienne, elles
viennent régulièrement
nous faire part de leurs
expériences,
nous enrichir de leurs
réflexions. A
nous de nous montrer
réceptifs. Je
salue d'ailleurs Mme
Noura Hamad Abdelaziz
Al-Joumaih, universitaire
saoudienne actuellement
invitée et qui
est parmi nous aujourd'hui.
Il
y a bien sûr bien
d'autres initiatives
du même esprit
qui mériteraient
d'être citées
ici, mais j'ai déjà
été trop
long. Je vous remercie.
Je pense qu'il ne sera
pas nécessaire
pour refaire ces réunions
consacrées aux
femmes d'attendre l'année
prochaine la Journée
Internationale, je pense
qu'il faut continuer
toute l'année.
Merci beaucoup./.