76EME
ASSEMBLEE GENERALE D'INTERPOL
INTERVENTION DU MINISTRE
DE L'INTERIEUR,
DE L'OUTRE-MER ET DES
COLLECTIVITES TERRITORIALES,
MME MICHELE ALLIOT-MARIE
(Marrakech, 5 novembre
2007)
Monsieur
le Ministre,
Mesdames et Messieurs
les Ministres, Chers
Collègues,
Monsieur le Président
d'Interpol,
Monsieur le Secrétaire
général,
Mesdames et Messieurs
les Membres du Comité
exécutif,
Mesdames et Messieurs
les Délégués,
Je
veux remercier tout
particulièrement
les hautes autorités
du Royaume du Maroc
pour l'accueil traditionnellement
chaleureux qu'elles
ont bien voulu une nouvelle
fois nous accorder dans
ce pays.
Mesdames
et Messieurs,
Les
raisons qui ont conduit
à la création
en 1928 du "Bureau
international",
qui deviendra le Bureau
central national France
d'Interpol, sont restées
d'une remarquable modernité.
Le
choix, après
la seconde guerre mondiale,
alors que le principe
même d'une Organisation
mondiale était
remis en question, d'accueillir
en France le siège
d'Interpol pour renforcer
la réponse globale
à la criminalité
internationale permet
d'associer aujourd'hui
186 Etats.
Le
premier outil mondial
de coopération
policière est
appelé à
jouer un rôle
croissant, en apportant
les réponses
technologiques et humaines
à la mondialisation
du crime.
Interpol
aura au XXIème
siècle un rôle
croissant à jouer
contre les organisations
criminelles.
La
révolution des
transports, l'apparition
des technologies de
l'information et l'accroissement
constant des phénomènes
migratoires se sont
accompagnés d'une
adaptation de la criminalité
à ces mutations.
Elles
leur ont offert un champ
de développement
sans précédent.
Face
à une criminalité
mondialisée,
la lutte doit être
également mondialisée,
qu'il s'agisse de terrorisme
ou de cybercriminalité.
La
lutte contre le terrorisme
international est devenue
une urgence absolue.
La
tragédie du 11
septembre 2001 a fait
prendre conscience à
tous les Etats de l'urgente
nécessité
de se mobiliser collectivement.
Après
Paris en 1995 et 1996,
New York en 2001, dans
ce pays même,
à Casablanca
le 16 mai 2003, à
Madrid le 11 mars 2004,
à Londres le
7 juillet 2005, à
Alger le 16 mai dernier,
des terroristes frappent
et sèment la
panique.
Face
à de tels défis,
Interpol a pris une
dimension nouvelle et
s'est donné les
moyens de répondre.
Le
groupe "fusion"
d'appui aux enquêtes,
la mise en œuvre
de nouvelles bases de
données, le programme
d'action pour le bioterrorisme,
constituent quelques
uns de ces outils spécifiques.
Nous
devons aller beaucoup
plus loin.
La
coordination des actions
entreprises par chacun
de nos pays sera déterminante
pour répondre
efficacement à
la menace croissante
du terrorisme globalisé.
D'ores
et déjà,
des résultats
significatifs ont été
obtenus grâce
aux échanges
entre les services spécialisés
des pays les plus concernés.
Il
faut faire plus et plus
vite.
Internet
a généré
une forme particulièrement
odieuse d'exploitation
humaine, celle de la
pédopornographie.
Interpol
a contribué remarquablement
à la lutte contre
le tourisme sexuel et
à ses déviances
les plus exécrables
contre les enfants.
Le système ICAID
(Interpol Child Abuse
Images Database) a permis
de secourir 558 d'entre
eux.
Nous
avons tous en mémoire
le cas récent
d'un enseignant produisant
lui-même l'image
des sévices qu'il
imposait à de
jeunes enfants d'Asie
du sud-est.
Cette
efficacité d'Interpol
a été
saluée par les
opinions publiques dans
le monde entier.
Les
réponses technologiques
et humaines à
la mondialisation du
crime
L'un
de nos défis
majeurs est de mettre
les technologies les
plus modernes au service
de la lutte contre le
crime, et de veiller
à rendre compatibles
les systèmes
d'ores et déjà
développés.
Le
contrôle électronique
aux frontières
doit être renforcé.
La
Coupe du Monde de football
de 2006 en Allemagne
a été
l'occasion pour la France
de développer
un procédé
d'interrogation automatique
et simultanée
de la base de données
Interpol des documents
perdus ou volés,
avec la base nationale
et celle du système
européen d'information
Schengen.
Ce
procédé
d'interrogation a été
repris par de nombreux
pays avec l'aide d'Interpol.
Des
millions de recherches
sont ainsi effectuées
chaque année,
depuis les postes frontières.
L'adoption
prochaine par les Etats-Unis
d'un tel système,
sa généralisation
progressive, devraient
permettre de contrôler
plus efficacement le
flux des migrants clandestins.
Un
logiciel de suivi en
temps réel des
découvertes de
signalements renforcera
le dispositif.
Ce
nouveau système
vous sera présenté
dès aujourd'hui
par un ingénieur
de mon ministère
travaillant en relation
étroite avec
Interpol.
La
coopération dans
le domaine technologique
nécessite que
l'ensemble des Etats
poursuivent leurs efforts
pour rendre l'interrogation
des fichiers nationaux
et d'Interpol compatible.
Nous
devons également
engager une réflexion
sur la mutualisation
des recherches. Des
pistes de travail existent.
La
base de données
ADN peut être
davantage alimentée.
L'adoption de la charte
proposée par
Interpol doit y contribuer.
La
mise en place en 2004
avec Interpol du Système
de communication particulièrement
performant "I 24-7",
permet de répondre
sans interruption aux
demandes d'interrogations
des fichiers par les
pays membres.
Les
progrès accomplis
pour la mise en place
du Centre de commandement
de Lyon (Command center)
doivent être salués.
La
réflexion en
cours sur la mise en
place des Centres mondiaux
anti-Criminalité
(CMAC) montre qu'Interpol
a encore d'autres ambitions
Ces
centres développeront
l'analyse criminelle
en exploitant les données
contenues dans les bases
administrées
par le secrétariat
général.
De
même le projet
I-Link d'alimentation
formatée et d'interrogation
des bases de données
constituera pour tous
un progrès significatif
en termes de délai
de réponse.
Au-delà
de la lutte contre la
criminalité,
je souhaite saluer également
l'engagement d'Interpol
dans des circonstances
particulièrement
dramatiques comme le
tsunami, le 26 décembre
2004.
En
Thaïlande, Interpol
a ainsi fédéré
l'aide spontanée
des Etats membres avec
sa propre unité
d'identification des
victimes de catastrophes.
Ce
fut l'occasion de souligner
l'intérêt
d'une base internationale
d'identification de
victimes.
La
France soutient le développement
de la coopération
policière sous
toutes ses formes, pour
mieux lutter contre
la criminalité
transnationale.
Elle
participe au dispositif
Schengen, à la
création des
fichiers Europol, aux
nouvelles formes de
coopération dans
le cadre du traité
de Prüm, aux multiples
coopérations
opérationnelles,
bilatérales ou
multilatérales.
Pour
autant, mon pays reste
convaincu qu'Interpol
doit jouer un rôle
spécifique, central
et prépondérant
au service de la communauté
internationale.
Le
commerce maritime mondial
augmente très
rapidement et suscite
la multiplication des
trafics.
Nous
devons réfléchir
à l'articulation
avec les centres maritimes
régionaux, tels
les centres d'analyse
et de lutte contre les
stupéfiants sur
les façades maritimes
comme le MAOC–N
implanté à
Lisbonne ou le futur
projet du MAOC-M en
Méditerranée.
Au
sein de ces structures,
le recours aux bases
spécialisées
serait une plus-value
intéressante.
Mesdames,
Messieurs,
Nous
sommes tous concernés
par les grands défis
de la mondialisation
de la criminalité
qui menace nos sociétés
et l'organisation de
nos Etats.
Interpol
doit continuer à
développer des
réponses adaptées
et je salue les initiatives
de son Secrétaire
général
Ronald Noble, dont le
dynamisme et la vision
sont dignes d'éloges.
Je
salue également
le professionnalisme
des cadres, policiers
et experts scientifiques
du Secrétariat
général.
Dans
l'esprit de la Déclaration
universelle des Droits
de l'Homme, l'OIPC délivre
à tous ses membres
et face au monde entier
un message universel
d'entraide et de respect
mutuels, pour la cohabitation
pacifique de tous les
peuples et de toutes
les sociétés
dont vous pouvez être
fiers !./.
(Source
: site Internet du ministère
de l'Intérieur,
de l'Outre-Mer et des
Collectivités
territoriales)